300 actes de violence antisémites le mois dernier dans le monde
Jérusalem/ Rome, 2 novembre 2000 (APIC) L’Etat d’Israël, dont l’image de marque à l’étranger est en forte baisse – Amnesty International vient de déplorer les « crimes de guerre » israéliens – demande au Vatican d’intervenir « immédiatement et clairement » contre l’antisémitisme qui se développe dangereusement. Michael Melchior, ministre israélien responsable des affaires de la diaspora juive, a dénoncé une « immense campagne de haine » contre les juifs, qui a été la cause de 300 actes de violence contre des personnes et des biens juifs le mois dernier dans le monde entier.
Jeudi 2 novembre, le porte-parole du Saint-Siège Joaquin Navarro-Valls a tenu à mettre les points sur les « i » en rappelant que l’engagement du Saint-Siège contre l’antisémitisme est « indiscutable ». Le pape l’a d’ailleurs clairement manifesté au cours de sa visite au mémorial de la shoah à Jérusalem au mois de mars dernier, déclare-t-il au « Corriere della Sera ».
Yitzhak Herzog, secrétaire du Cabinet israélien, a demandé l’intervention « immédiate » du Vatican pour stopper la récent vague d’incidents antisémites. Dans un appel téléphonique à Mgr Pietro Sambi, nonce apostolique en Israël, Herzog a demandé le concours du Saint-Siège, après qu’une séance spéciale du gouvernement israélien ait été consacrée à ces attentats. Le gouvernement israélien a rappelé au nonce que dans l’accord signé entre Israël et le Saint-Siège en 1994, tous deux s’engagent à lutter ensemble contre l’antisémitisme.
Des « fatwas » incendiaires
De son côté, Michael Melchior a assuré que des décrets islamiques (« fatwas ») selon lesquels c’est un devoir religieux de tuer autant de juifs que possible, ont été récemment édictés. Le ministre israélien a souligné que cette haine anti-juive qui se répand créera une situation difficile à maîtriser. « Il y a des endroits aujourd’hui dans le monde où les juifs ont peur et ont déjà retiré leurs enfants des écoles juives », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Ainsi, ils seraient de plus en plus nombreux à avoir peur de s’identifier en tant que juifs, dans une proportion « que l’on n’avait plus vu depuis de nombreuses années ».
Les 300 attaques recensées le mois dernier – depuis l’éclatement de l’insurrection palestinienne appelée « intifada-Al Aqsa » suite à la visite sur l’Esplanade des Mosquées du faucon israélien Ariel Sharon – contrastent avec la moyenne mensuelle de 10 à 15 incidents antisémites dans le monde. Le ministre israélien relève que ce n’est pas seulement la fréquence, mais encore la gravité des incidents qui inquiète, notamment la cinquantaine de tentatives – dont certaines ont réussi – d’incendies de synagogues. Presque tous ces actes de violence visent des cibles religieuses.
Melchior dénonce une collaboration entre islamistes et néo-nazis
Le ministre israélien rappelle que lors de la première « intifada » palestinienne et la guerre du Liban, on avait également assisté à une rapide augmentation des attaques contre des objectifs juifs, mais les principales cibles étaient des institutions israéliennes comme les ambassades, les bureaux de tourisme, les locaux de la compagnie aérienne El Al. Les agressions visent désormais ce qui peut être identifié comme juif religieux, à l’instar des rabbins et des écoles spécifiquement religieuses. Ces incidents ont lieu principalement en Europe occidentale, mais aussi au Canada et dans toute l’Amérique latine.
Michael Melchior dénonce une nouvelle collaboration entre groupes fondamentalistes islamistes et extrémistes néo-nazis dans certains endroits, comme en Italie et en Allemagne. De tels groupes, qui se haïssent généralement, se sont unis dans une alliance « unique et spéciale », en raison uniquement de leur haine commune des juifs, a-t-il déclaré à la presse.
Le Saint-Siège a clairement manifesté son engagement contre l’antisémitisme
Le quotidien italien « Corriere della Sera » rappelle le 2 novembre une requête transmise le 31 octobre au nonce apostolique en Israël, Mgr Pietro Sambi, par le secrétaire du gouvernement israélien Yitzhak Herzog, demandant qu’une « position claire et sans équivoque contre l’antisémitisme » soit exprimée par le Saint-Siège dans une « intervention immédiate ». Yitzhak Herzog faisait allusion à un élément de l’accord signé entre Israël et le Saint-Siège le 30 décembre 1993, dans lequel il est question d’une « collaboration appropriée dans le but de combattre toutes les formes d’antisémitisme, de racisme et d’intolérance religieuse ».
« Quoi de plus clair et de moins équivoque que ce que le pape a affirmé le 23 mars lors de sa visite au mémorial de Yad Vashem? », fait remarquer Joaquin Navarro-Valls au « Corriere della Sera ». Devant le premier ministre israélien Ehud Barak, Jean Paul II avait assuré ce jour-là au peuple juif que l’Eglise catholique est « profondément attristée » par toutes les manifestations d’antisémitisme subies, en invitant le monde à « prêter attention à l’avertissement qui vient des victimes de l’Holocauste et du témoignage des survivants ». (apic/cns/imedia/jpost/pr/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse