Italie: Les protestants italiens réaffirment leur engagement œcuménique
Rome, le 2 novembre (APIC) Malgré les difficultés rencontrées avec l’Eglise catholique romaine, surtout en cette année du Jubilé, la Fédération des Eglises évangéliques italiennes (FCEI) réaffirme son «engagement envers le dialogue avec les frères et les sœurs de toutes les Eglises chrétiennes, dans une ligne clairement évangélique».
Tel est l’un des passages essentiels du document par lequel le 1er novembre la douzième Assemblée de la FCEI a conclu quatre jours de débats à Santa Severa (Rome). Fondée officiellement en 1967 à Milan, la Fédération rassemble toutes les Eglises protestantes «historiques», plus deux Eglises de tendance pentecôtiste charismatique. Actuellement, les Eglises baptistes, luthériennes, méthodistes, vaudoises, l’Armée du Salut, la Communion des Eglises libres, l’Eglise apostolique d’Italie, l’Eglise pentecôtiste «Fleuves de vie» de Naples et la Communauté helvétique de Trieste (Italie du Nord) sont membres de la FCEI.
En Italie, pays de 57 millions d’habitants, où il y a plus de 97 % de catholiques selon les statistiques du Vatican, la FCEI regroupe en tout environ 65’000 adhérents – ce qui constitue 20 % de la communauté protestante italienne, estimée à environ 325’000 personnes.
«Et vous, qui dites-vous que je suis?» Cette phrase de Jésus (Evangile selon Marc), thème général de l’Assemblée, à laquelle ont participé environ 200 délégués, observateurs et invités, a été commentée lors du culte d’ouverture par le pasteur vaudois Fulvio Ferrario. «Nous aussi, a-t-il dit, nous nous interrogeons, non sans passion, sur l’identité, mais le plus souvent il s’agit de notre identité. Au contraire, la demande de Jésus nous invite avec force à lever le regard: ce n’est pas l’interrogation sur l’identité de l’Eglise, mais sur l’identité de Jésus qui est au centre….»
Les sujets débattus à l’assemblée ont été nombreux: la question des relations œcuméniques avec l’Eglise catholique, les rapports avec les autres Eglises évangéliques italiennes; le thème de la laïcité (de l’école, des institutions), les relations avec la société italienne. Quant au rapport complexe avec l’Eglise catholique, l’important est de «savoir choisir les moments et les interlocuteurs» et intervenir «avec calme et efficacité» face aux positions de la hiérarchie catholique, qui engendre une «grande perplexité» parmi les protestants italiens.
Lors des interventions, il a été souvent fait référence, sous un angle critique, à la «Déclaration Dominus lesus», selon laquelle les Eglises issues de la Réforme du XVIe siècle ne sont pas des Eglises au sens propre. Un autre débat a porté sur les moyens d’améliorer l’important service que rend déjà la FCEI aux déracinés (immigrés et réfugiés, surtout de l’Europe de l’Est, d’Afrique du Nord, du Sud-Est asiatique et de l’Amérique latine). L’Assemblée s’est engagée à soutenir la Décennie «Vaincre la violence» (2001-2010), initiative lancée par le Conseil œcuménique des Eglises.
Parmi les invités à l’Assemblée figurait Mgr Giuseppe Chiaretti, archevêque de Pérouse (Italie du centre) et président de la Commission pour l’œcuménisme et le dialogue de la conférence épiscopale italienne. «Malgré les difficultés dans le dialogue, nous ne devons pas nous décourager», a-t-il lancé, en faisant référence au document Dominus Iesus et à d’autres choix du Vatican qui ont provoqué un malaise parmi les évangéliques.
Le document final souligne: «Des affirmations théologiques ecclésiologiques et d’ordre éthique de l’Eglise catholique nous ont divisés, surtout en cette année du Jubilé, et nous ont montré combien est difficile et ardu le chemin vers l’unité qui constitue une vocation à laquelle nous sommes appelés.» Et encore: «Nous sommes aussi conscients de la possibilité de développer des projets œcuméniques: l’accueil de l’étranger, la lutte contre l’exploitation des femmes et les nouveaux esclavages, la remise de la dette des pays pauvres, la sauvegarde de la création.»
L’Assemblée, qui a lieu tous les trois ans, a aussi choisi ses nouveaux dirigeants. Pour remplacer le pasteur baptiste Domenico Tomasetto, démissionnaire, à la présidence, l’Assemblée a nommé Gianni Long, vaudois, laïc, âgé de 50 ans, enseignant dans une université de Rome. Gianni Long est spécialiste des questions juridiques, du droit parlementaire et du droit ecclésiastique. «Il revient à la Fédération, a-t-il dit, d’accomplir une importante fonction: celle de charnière entre des mondes souvent incommunicables: le monde évangélique, le monde catholique et la société italienne.» (apic/eni/mjp/vb)
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