Genève: Vers des réformes au sein du Conseil œcuménique des Eglises?

Le COE pourrait remplacer son style parlementaire « anglo-saxon »

Genève, 3 novembre 2000 (APIC) Le Conseil oecuménique des Eglises (COE), dont le siège est à Genève, pourrait remplacer son style actuel parlementaire « anglo-saxon » de gestion par un style plus « consensuel », si les propositions faites lors d’une réunion tenue au Caire, en Egypte, du 23 au 25 octobre, sont acceptées.

Pendant plusieurs années, le COE, qui compte plus de 330 Eglises membres protestantes anglicanes et orthodoxes, a été soumis aux critiques de ses membres orthodoxes qui estiment que l’organisation est dominée par la théologie et la moralité protestantes occidentales.

Pour faire face aux plaintes émanant des Eglises orthodoxes, le COE, après son Assemblée en 1998 à Harare, au Zimbabwe, a mis en place une « Commission spéciale sur la participation orthodoxe au COE », composée d’un nombre égal de représentants orthodoxes et non orthodoxes.

Interviewé par l’agence œcuménique ENI à l’issue de la seconde réunion de la Commission organisée au Caire, l’un des membres orthodoxes de la Commission, le Père Georges Tsetsis, a souligné qu’il y avait eu un « consensus presque total » entre les Eglises membres orthodoxes et non orthodoxes sur un ensemble de questions qui devaient être traitées par le COE. Georges Tsetsis, représentant du patriarcat oecuménique de Constantinople auprès de la Commission, est membre des Comités exécutif et central du COE. Il a été le représentant permanent du patriarcat auprès du COE de 1985 à 1999.

A l’heure actuelle, les grandes décisions sont prises par l’instance dirigeante du COE, l’Assemblée, qui a lieu tous les sept ans, et par le Comité central, qui se rencontre tous les 12/18 mois, à la majorité des votes des membres. Les propositions émanant de la Commission spéciale pourraient changer cela, en remaniant le processus de prise de décisions. Selon le Pére Tsetsis, les membres orthodoxes et non orthodoxes ont reconnu que « nous devons abandonner la logique politique du style parlementaire anglo-saxon » et tendre à « une position consensuelle qui nous rapproche d’un esprit commun ».

Il a aussi été accepté, poursuit Georges Tsetsis, que le culte lors des réunions du COE devait être « fondé sur une tradition liturgique vivante et authentique ».

Le problème des Eglises orthodoxes

Ces dernières années, deux Eglises orthodoxes – de Géorgie et de Bulgarie – se sont retirées du COE, et l’Eglise orthodoxe russe a réduit sa participation aux activités du COE en attendant les résultats du travail de la Commission spéciale.

Le coprésident de la Commission spéciale, l’évêque Rolf Koppe, de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD), a déclaré de son côté que la réunion du Caire avait permis de franchir l’étape de discussions des problèmes et de passer à la recherche de solutions.

L’évêque Koppe, chargé des affaires oecuméniques et des relations externes de l’EKD, a précisé que des membres de la Commission ont accepté d’envisager la mise en place éventuelle d’une structure au sein de laquelle des Eglises plus petites pouvaient être représentées en commun.

Toutefois, a-t-il poursuivi, l’idée, présentée auparavant par des représentants orthodoxes, de transformer le COE pour qu’il devienne représentatif des principales « familles » d’Eglises ou organisations confessionnelles et non d’Eglises individuelles, comme c’est actuellement le cas, n’a pas obtenu « un soutien de la majorité ». (apic/eni/pr)

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