« La prétention de détenir la Vérité nous blesse »
Neuchâtel, 7 novembre 2000 (APIC) L’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) juge blessante la prétention de détenir la Vérité, exprimée dans la déclaration vaticane « Dominus Iesus ». Dans la revue « La Vie Protestante neuchâteloise » de novembre, la présidente du conseil synodal de l’EREN, Isabelle Ott-Bächler, juge inadmissible « ce manque d’égards envers les partenaires du dialogue œcuménique ».
Dans son article ayant pour titre « Peut-on encore croire à l’œcuménisme? », Isabelle Ott-Bächler affirme qu’ »en clamant haut et fort la primauté de l’Eglise catholique romaine prétendument seule détentrice d’un accès privilégié à la Vérité, le texte ’Dominus Iesus’ a touché aux entrailles mêmes des hommes de ce début de XXIe siècle ». Elle juge cette prétention « inacceptable pour beaucoup, du moins en Europe ».
La présidente du conseil synodal de l’EREN réagit encore plus vivement face àà l’affirmation selon laquelle la prise de position du Vatican n’est pas nouvelle. « Ce qui signifie que quarante ans d’œcuménisme lancés par le Concile Vatican II ne comptent pas. Rien fondamentalement n’aurait changé », tonne Isabelle Ott-Bächler, qui se dit solidaire de « la tristesse des théologiens catholiques romains, des prêtres, des couples mixtes, des paroissiens de ce canton qui, jour après jour, avec patience, tissent le réseau de l’amitié et de la collaboration entre Eglises chrétiennes ».
La déclaration « Dominus Iesus » inquiète également la représentante de l’Eglise réformée neuchâteloise en faisant « fi des découvertes de la science et de l’intelligence qui nous ont montré que l’accès à la Vérité ne peut être que partiel et subjectif ». Et si les Eglises sont appelées à témoigner de leurs convictions « avec force et audace », pour les réformés, « la Vérité est une personne, Jésus-Christ, révélée à travers les textes sacrés de la Bible », qui doit sans cesse être réétudiée, rappelle Isabelle Ott-Bächler.Aucune dénomination de « seule Eglise authentique »
Dans les mêmes pages de « La Vie Protestante neuchâteloise », la rédaction rappelle que pour l’Eglise de la Réforme, « aucune dénomination chrétienne ne peut se doter de l’appellation de ’seule Eglise authentique’ ». « Dans notre théologie, l’Eglise est là où l’Evangile est prêché dans sa plénitude et où les sacrements de la sainte cène et du baptême sont correctement administrés », souligne l’article.
Pour la revue « La Vie protestante neuchâteloise », c’est par le dialogue et la collaboration inter-ecclésiastique que se vérifie de la présence de « l’Eglise néotestamentaire » chez les « communautés sœurs ». « L’unité à trouver ne pourra être en aucun cas l’absorption d’une Eglise par une autre », prévient la rédaction, qui conclue en prônant l’instauration d’une instance de reconnaissance d’ecclésialité, « sous forme de Synodes ou de Conciles », si le besoin s’en fait ressentir. « En cela, nous rejoignons nos frères orthodoxes qui, tout en étant unis à l’Eglise catholique romaine par les liens de l’épiscopat historique, refusent le rôle normatif du Vatican ». (apic/vp/bb)
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