Lucerne: Interdiction de l’avortement également en cas de viol ou d’inceste

Un écueil pour l’initiative «Pour la mère et l’enfant»

Lucerne,

(APIC) L’interdiction d’avorter également en cas de viol a été au centre du débat organisé samedi à Lucerne par les juristes de l’association suisse des Groupes bibliques des Ecoles et Universités (VBG). L’ancien conseiller d’Etat lucernois Walter Gut et la juriste Beatrice Luginbuehl, membre du comité de l’initiative populaire «Pour la mère et l’enfant», ont confronté leurs positions respectives.

Lors de leur session, les juristes des Groupes bibliques des Ecoles et Universités, dont le secrétariat romand est à Neuchâtel, ont analysé l’initiative populaire «Pour la mère et l’enfant», qui s’entend comme un contre-projet à la solution des délais, dans le contexte de la légalisation de l’avortement. Le 21 septembre 2000, le Conseil des Etats s’est prononcé en faveur d’une solution des délais légalisant l’avortement jusqu’à 12 semaines. L’Association «Aide pour la mère et l’enfant» (ASME) a décidé de lancer un référendum, en collaboration avec d’autres organisations et partis politiques, et les deux textes devraient être soumis au peuple simultanément.

L’ancien conseiller d’Etat lucernois et ancien procureur Walter Gut ainsi que la juriste Beatrice Luginbuehl, membre du comité de l’initiative lancée par l’»ASME» ont débattu d’un point bien précis de l’initiative: l’interdiction d’avorter également en cas de viol ou d’inceste.

Etendre les indications de l’avortement

Walter Gut soutient l’extension des indications de l’avortement aux grossesses provoquées par des actes criminels. L’ASME éviterait le vote négatif d’une part importante du corps électoral si elle se montrait plus ouverte à cet égard, selon lui. Beatrice Luginbuehl a rétorqué que les femmes qui attendaient un enfant à la suite d’un viol avaient avant tout besoin d’une assistance psychologique et d’un soutien personnel. Un avortement risquerait d’aggraver encore le traumatisme subi.

Pour Walter Gut, la plupart des gens auront de la peine à comprendre que l’on poursuive une femme qui aurait avorté après avoir été violée. L’ancien procureur a conseillé aux initiants de se montrer ouverts à une législation moins restrictive sur cette question.

Les protagonistes du face à face ont en revanche tous les deux reconnus que de nombreux avortements – Walter Gut a parlé des trois quarts d’entre eux – étaient liés au fait que les femmes ressentaient leur grossesse comme un événement venant déranger le cours de leur vie. Les deux juristes sont également d’avis que l’indication sociale ne pouvait être retenue dans notre pays. Walter Gut, en tant qu’ancien procureur de Lucerne, a affirmé que la menace de poursuites exerçait, aujourd’hui comme hier, une grande influence sur la conscience de la population face aux droits à la vie.

Intégration du christianisme

Animateur des juristes de l’Association des groupes bibliques, Ernst Danner a pour sa déclaré qu’une meilleure information était la clef pour empêcher les grossesses non désirées. Il a estimé important de se mobiliser contre le mouvement en faveur d’une indication de facto eugéniste. Cela concernerait directement le regard que l’on porte sur les personnes handicapées qui vivent aujourd’hui dans notre société ainsi que sur d’autres états de vie jugés «sans valeur».

L’association des biblistes a été fondée en 1949 et se définit comme un mouvement inter-confessionnel d’élèves, d’étudiants et de personnes exerçant une activité professionnelle. Le but de l’association est d’encourager l’intégration des valeurs chrétiennes dans ces milieux, de manière à réconcilier la foi et la science, le dimanche et le quotidien et de rendre le christianisme plus crédible. (apic/job/mjp)

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