Guatemala: L’archevêché dénonce des menaces dans l’affaire Gerardi
Guatemala ciudad, 8 novembre 2000 (APIC) Coups de fil anonymes, surveillances, avertissements, menaces contre les représentants de l’Eglise et les principaux témoins de l’affaire Gerardi: Le mauvais feuilleton écrit par le pouvoir politique au Guatemala, joué par les militaires et mal interprété par la justice continue de s’enliser dans ce pays.
L’office des droits de l’homme de l’archevêché de Guatemala ciudad a dénoncé l’augmentation des intimidations dont font l’objet les principaux accusateurs des trois militaires inculpés pour l’homicide de Mgr Juan Gerardi, évêque auxiliaire de la capitale, commis le 26 avril 1998.
La semaine dernière, des coups d’armes à feu ont été tirés en direction du domicile de Gilberto Gonzalez Limon, témoin clé de l’accusation contre l’ancien membre de l’Etat major présidentiel Obdulio Villanueva. Gonzalez, compagnon de cellule de Villanueva à la prison de Sacatepequez à l’époque des faits, affirme que ce dernier a quitté la cellule à deux reprises au cours de la journée du 26 avril et qu’il n’est rentré que le matin suivant. L’avocat de l’Odha, Mynor Melgar, pense que les menaces visent à faire retirer les plaintes de l’Eglise catholique contre les prévenus.
Ce n’est pas un hasard, souligne l’avocat, si ces épisodes se produisent alors que le procès n’avance plus. La procédure judiciaire est en effet interrompue depuis que la défense de l’un des militaires a présenté, le 24 octobre dernier, un recours pour inconstitutionnalité visant à faire juger l’affaire par un tribunal militaire.
Mgr Gerardi a été abattu deux jours après avoir présenté un rapport de l’Eglise accusant les militaires d’être responsables de plus de 100’000 morts et 50’000 disparitions durant la guerre civile. Trois anciens militaires, accusés d’être les auteurs matériels du meurtre ont été mis en cause: le colonel à la retraite Byron Disrael Lima Estrada, ancien responsable des services secrets de l’armée, son fils, le capitaine Byron Miguel Lima Oliva, et l’agent d’Etat-Major présidentiel José Obdulio Villanueva. La justice a également inquiété la servante de Mgr Gerardi, Margarita Lopez, et le Père Manuel Orantes, son assistant, qui partageait avec lui la maison paroissiale de San Sebastian.
Six personnes impliquées dans cette affaire ont choisi le chemin de l’exil, et parmi eux l’ex-juge Henry Monroy, le procureur Celvin Galindo, et un autre juge, Alexis Calderon, a renoncé. (apic/cip/pr)
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