Double trahison chez le prêtre pédophile

France: Déclaration de l’Assemblée de la Conférence des évêques sur la pédophilie

Lourdes, 10 novembre 2000 (APIC) La pédophilie était l’un des thèmes inscrits à l’agenda des évêques français à l’occasion de leur Assemblée plénière annuelle, qui s’est ouverte à Lourdes le 4 novembre. À la veille de clôturer leurs travaux, les évêques ont publié une déclaration affirmant que l’Eglise « condamne absolument » les actes de pédophilie, qui sont « profondément destructeurs ». Les évêques ajoutent que « lorsque l’agresseur est un prêtre, il y a une double trahison »: contre la victime et contre l’Evangile. S’engageant à collaborer avec tous pour prévenir de tels comportements, ils mettent cependant en garde contre un climat de méfiance généralisée et injuste.

« Depuis quelques années, des affaires de pédophilie se trouvent sous les feux de l’actualité. La France est atteinte comme d’autres pays et l’Eglise est atteinte comme d’autres institutions » constatent les évêques français dans leur déclaration.

Les prélats affirment que les actes de pédophilie, sont « absolument condamnés par l’Eglise ». Ils sont d’autant plus destructeurs qu’il s’agit d’enfants qui n’ont pas la maîtrise de leur existence affirme la Conférence des évêques, qui considère la prise de conscience de la société comme un grand progrès social. L’Assemblée plénière reconnaît que « lorsque l’agresseur est un prêtre, il y a une double trahison ». « Non seulement un adulte averti impose à un mineur ses pulsions, mais ses agissements contredisent l’Evangile qu’il annonce », soulignent les évêques. Ces derniers mesurent combien la blessure des enfants ou des adolescents est profonde et souvent même indicible. Ils affirment en éprouver une vraie souffrance et se disent solidaire des victimes et de leurs familles.

La responsabilité des évêques

Les évêques ont reconnu que « leur responsabilité dans ce domaine était à la fois claire et délicate ». Ils ne peuvent et ne veulent pas rester passifs, encore moins couvrir des actes délictueux. La Conférence des évêques de France affirme que la pédophilie est un phénomène encore mal connu, qui se cache et s’avoue rarement. Souvent, il n’est pas facile à un évêque de réunir les éléments suffisants et sûrs lui permettant de savoir si un prêtre a effectivement commis des actes à caractère pédophile, constate l’Assemblée épiscopale, qui estime que « les prêtres qui se sont rendus coupables d’actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice ». Selon les évêques, il est nécessaire que les prêtres pédophiles réparent le mal qu’ils ont fait et portent le poids de la peine infligée par l’Eglise et par la société. Cependant ils soulignent que comme tout être humain, le prêtre qui a commis ces actes demeure une personne qui a droit à leur respect, à leur accompagnement, à leur prière.

Dans sa déclaration l’Assemblée plénière des évêques de France redis sa volonté de veiller avec soin à ce que de tels actes ne se reproduisent plus. Les évêques se disent prêts à collaborer avec les familles, les éducateurs, les responsables politiques et les responsables de la société pour prévenir de tels comportements. Ils désirent collaborer avec eux à l’éducation de l’affectivité et de la sexualité des enfants et des jeunes. L’Assemblée des évêques déclare qu’elle va poursuivre son travail de recherche sur la pédophilie et ses manifestations, sur le soutien à apporter aux victimes et à leurs familles, sur la prévention, sur l’information et la formation des prêtres, sur le mode d’intervention des évêques… « Nous le ferons avec la lumière et le courage que nous apporte l’Evangile », affirment les évêques.

Enfin dans leur déclaration les évêques de France demandent à ce que ne s’instaure pas un climat de méfiance généralisée et d’injustice vis-à-vis de la société et de l’Eglise. Ils estiment que « les crimes et délits commis par quelques-uns ne doivent pas jeter le discrédit sur tous ». Pour conclure les évêques expriment leur confiance aux prêtres de leurs diocèses ainsi qu’à leurs collaborateurs, aux parents et aux éducateurs. La déclaration de l’Assemblée plénière des évêques de France conclue en relevant que « notre société a besoin de vivre dans la vérité et dans la confiance ». (apic/com/vb/bb)

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