Je ne serai jamais candidat à la présidence de la République

Cameroun: Le cardinal Tumi répond aux attaques d’un ministre du gouvernement

Douala, 10 novembre 2000 (APIC) La polémique entre le ministre camerounais de l’administration du territoire, Ferdinand Koungou Edima, et le cardinal Christian Wiyghan Tumi, se poursuit. Le ministre a qualifié le prélat de «menteur» et d’»antipatriote» après que l’archevêque de Douala ait critiqué la corruption et les violations des droits de l’homme au Cameroun. Pour faire taire les rumeurs, le cardinal Tumi a précisé qu’il ne sera jamais candidat à la présidence de la République du Cameroun.

Dans une lettre ouverte rendue public le 8 novembre, le cardinal Tumi revient sur «quelques dérapages» de la part du Ministre Koungou Edima, qui avait notamment dénoncé l’»antipatriotisme» de l’archevêque de Douala. Le cardinal tient à rassurer l’opinion: il est Camerounais et aime bien son pays. «Je n’ai pas choisi d’être Camerounais. Je me suis trouvé Camerounais et un des signes que j’aime le Cameroun, c’est mon désir profond qu’il soit parfait. Dieu veut que le Camerounais soit parfait… C’est pourquoi je critique avec amertume et sans haine ceux de mes concitoyens qui le volent, qui l’exploitent, qui se servent de lui», a-t-il affirmé.

«Je suis prêtre de l’Eglise catholique»

Parlant de son éventuelle candidature à l’élection présidentielle – cette nouvelle a fait couler beaucoup d’encre au Cameroun – le cardinal Tumi dément fermement, mais répond que ce ne serait pas un crime: «Vouloir devenir président dans ce pays est une ambition légitime de tout Camerounais. Tout Camerounais est un président potentiel. Or je suis né Camerounais. Je suis donc un président potentiel du Cameroun. Mais que quelques uns dans ce pays n’aient pas peur de ma candidature à la présidence, car ma potentialité présidentielle ne s’actualisera jamais, parce que j’ai déjà actualisé dans ma vie, et cela depuis 34 ans, une autre potentialité beaucoup plus importante et qui, à mon jugement, est incompatible avec celle-là: je suis prêtre de l’Eglise catholique».

Des déclarations du cardinal «hautement pernicieuses»

Une interview accordée par le cardinal Tumi au bimensuel «Jeune Afrique Economie» en octobre dernier avait mis le feu aux poudres. Le ministre de l’administration territoriale, dans un communiqué de presse publié le 10 octobre 2000, qualifiait les déclarations du cardinal Tumi de «hautement pernicieuses et vides d’éléments à conviction». Selon le communiqué du ministre, le cardinal Tumi, par un ton provocateur, tentait insidieusement de détourner les Camerounais et la communauté internationale des efforts et des sacrifices consentis par les pouvoirs publics jusqu’à présent pour sortir le Cameroun de la crise économique et de l’insécurité.

Le ministre se faisait même menaçant, en soulignant que «la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes, sous réserve des restrictions susceptibles d’être édictées dans l’intérêt de l’ordre public». Il appelait par conséquent le cardinal Tumi à observer le devoir de réserve «qui s’impose à lui en sa qualité de ministre de culte, de qui les Camerounais attendent davantage des leçons d’humilité, de paix et d’amour plutôt que de créer la suspicion, la haine, le désordre et la division». De retour d’un séjour en Europe et aux Etats-Unis, le cardinal Tumi, choqué par les accusations du ministre de l’administration du territoire, lui répond par le biais d’une lettre ouverte où il déplore les «dérapages» de la part du Ministre Koungou Edima. (apic/mbt/be)

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