Campagne contre les catholiques, « perte de contrôle » de Pékin
Rome, 10 novembre 2000 (APIC) Pour le Père Jeroom Heyndrickx, spécialiste de l’Eglise de Chine, la campagne de presse contre les catholiques orchestrée par les autorités de Pékin démontre de leur part une « perte de contrôle » de la situation. Le religieux scheutiste belge estime toutefois qu’il faut dialoguer même avec l’Eglise patriotique de Chine, car la tâche des missionnaires est de « dialoguer avec tout le monde ».
Missionnaire de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (scheutiste), le Père Heyndrickx dirige la Fondation Ferdinand Verbiest, rattachée à l’Université catholique de Louvain (KUL). Dans le numéro de novembre de la revue de sa congrégation, fondée à Scheut (Bruxelles) en 1862, il y évoque la situation qu’il a trouvée en Chine lors de son dernier voyage, à la veille de la canonisation des 120 martyrs de Chine, le 1er octobre dernier. L’initiative vaticane a provoqué un regain de tension entre le régime communiste chinois et les chrétiens non membres de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC). Cette dernière organisation est contrôlée par le parti communiste chinois et coiffe les activités des catholiques reconnus par le régime.
Tentative de reprise en mains des catholiques patriotiques
La campagne de presse déclenchée par le gouvernement chinois contre les canonisations s’explique à la lumière des facteurs intérieurs de la Chine. « Les communistes, écrit le scheutiste flamand, savent qu’ils sont en train de perdre la confiance des prêtres et des catholiques patriotiques suite aux ordinations illicites d’évêques. Ils cherchent maintenant à reprendre le contrôle de la situation. »
Aux yeux du Père Heyndrickx, la tâche des missionnaires devient décisive, « car aujourd’hui, la mission veut dire dialogue, y compris le dialogue avec les communistes athées ». Mais, poursuit-il, « il est nécessaire tout d’abord de dialoguer avec les frères et sœurs qui, en Chine, suivent un chemin qui s’écarte de l’Evangile, à savoir l’Association patriotique. Je ne peux oublier les dizaines d’heures que j’ai passées durant les dix-huit dernières années à parler avec les responsables de l’APCC et à répondre franchement à leurs questions. En tant que missionnaires, nous ne devons jamais fermer la porte au dialogue. » (apic/misna/cip/be)
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