Mgr Genoud: Je crois que c’est justement l’attrait du mystère. D’abord, ce n’est pas «Prier Témoigner» qui attire, c’est Dieu qui attire. Ce rassemblement n’est qu’un moyen. Je pense que c’est Dieu qui nous fait une surprise, c’est lui qui montre à quel point on a raison d’oser en parler et de ne pas camoufler l’immensité de son mystère. Dieu fascine, c’est comme le feu, il attire et à la fois il fait peur. Au fond, ce qui se passe ici, c’est l’histoire du buisson ardent: Moïse vient et ne sait pas encore tout ce qui l’attend, mais il sait que quelque chose de grand se prépare. Ici, ce sont tous des Moïse devant leur buisson et je trouve cela très beau.
APIC: On voit beaucoup de jeunes à «Prier Témoigner», comment l’expliquer ?
Mgr Genoud: Je pense qu’il n’y en a jamais eu autant. Je crois que les jeunes, comme tous les croyants, ont besoin de se retrouver en famille, et aujourd’hui, on est en train de dire à quelle famille on appartient, c’est-à-dire à la famille trinitaire. De même que des gens font des kilomètres pour aller retrouver leurs racines biologiques ou ethniques, aujourd’hui il y a des gens qui font des kilomètres dans leur cœur pour retrouver leurs racines fondamentales, spirituelles, théologiques, c’est-à-dire en Dieu.
APIC: Ne serait-ce pas le signe que l’on a perdu peut-être quelque chose dans les paroisses, où l’on ne rencontre pas comme ici toutes les générations et tous les états de vie, jeunes, vieux, célibataires, couples, prêtres, laïcs, religieuses…
Mgr Genoud: C’est vrai, il y a peut-être ici un nouvel élan missionnaire. Je crois que c’est maintenant que l’on vit les retombées du Concile Vatican II. Ces gens viennent de paroisses aussi, ils sont engagés là où ils sont. Quelque chose a été semé, et il faut rendre grâce à ceux qui ont semé et qui ne récoltent pas souvent. Saint Paul le disait: «Moi j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui a donné la croissance.»
Parfois, on récolte sûrement ce que d’autres ont planté et que l’on a arrosé. Aujourd’hui, dans une fête comme celle-ci, peut-être même que l’on récolte dans la joie ce que l’on ni planté ni arrosé, mais que Dieu a fait naître et a fait croître indépendamment de nos pauvretés: c’est la rosée du désert qui tout d’un coup le fait fleurir. Les semences étaient déjà là. Il faut dire notre immense gratitude à tous ceux qui ont planté dans les paroisses. Il n’y a pas d’opposition entre nouvelles communautés, comme celles qui sont également présentes ici, et les paroisses. On voit là la diversité et la richesse de l’Eglise, fruit de l’inventivité de l’Esprit saint. On besoin des sept couleurs de l’arc-en-ciel pour former la lumière blanche. (apic/be)
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