Rome: Jean Paul II reçoit les membres de l’Académie des sciences
Vatican, 13 novembre 2000 (APIC) Les scientifiques doivent prendre leurs responsabilités éthiques et morales. La dimension humaniste est une «exigence interne» à la science, a affirmé Jean Paul II, en recevant au Vatican les quelque 80 participants de la session plénière de l’Académie pontificale des sciences, qui s’est déroulée du 10 au 13 novembre sur «la science et l’avenir de l’humanité».
Pour le pape, la «dimension humaniste» de la science ne suppose pas un «contrôle» de l’humanisme sur la science, ni même une «tension» entre les deux. Le véritable «humanisme scientifique», a-t-il expliqué, consiste au contraire à «dépasser la fracture entre les disciplines humanistes et les disciplines scientifico-expérimentales».
La séparation entre la science et l’humanisme se justifie au moment de «l’analyse» scientifique, a précisé Jean Paul II. En revanche, elle n’a plus de raison d’être au moment de la «synthèse», quand il s’agit pour le chercheur de réfléchir aux «retombées humaines des nouvelles connaissances acquises, tant au niveau personnel qu’au niveau collectif et social».
Jean Paul II a invité les hommes de science à prendre davantage conscience de leur «devoir de servir l’humanité toute entière» par leurs découvertes. C’est ce que le pape appelle les «responsabilités éthiques et morales liées à la recherche scientifique». L’homme de science est d’autant mieux placé pour faire face à ces responsabilités, a-t-il fait remarquer, qu’il «sait parfaitement, du point de vue de ses connaissances, que la vérité ne peut pas être négociée, obscurcie ou abandonnée aux libres conventions ou aux accords entre les groupes de pouvoir, les sociétés ou les Etats».
Les conséquences des découvertes
Parlant de la réflexion du scientifique sur les conséquences de ses découvertes, Jean Paul II a souligné qu’elle «impliquait profondément le chercheur», «construisait» et «marquait» sa personnalité, constituant pour lui une «voie pour la rencontre personnelle avec la vérité». Cette réflexion peut même être le «lieu privilégié» d’une rencontre avec Dieu. C’est ce qui amène le pape à décrire la science comme «un bien capable de motiver une existence, comme une grande expérience de liberté pour la vérité et une œuvre fondamentale de service». Ainsi comprise, la science peut sans difficulté «ouvrir un dialogue fécond avec l’Eglise», «regarder avec intérêt la Révélation biblique», et même «rencontrer le Christ», entendu comme celui par qui «l’homme devient lui aussi plus homme».
L’Académie pontificale des sciences a été fondée en 1603, mais elle n’existe sous son nom actuel que depuis 1936. Elle a son siège dans un petit édifice des jardins du Vatican, la «Casina Pie VI». Elle est composée de 80 académiciens de différents pays, choisis par le pape pour leurs compétences scientifiques sur proposition du Corps Académique. Son président est depuis 1993 le professeur Nicola Cabibbo. (apic/imed/vb)
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