Le droit de l’Eglise d’éclairer les consciences

Rome: Jean-Paul II reçoit le nouvel ambassadeur du Portugal auprès du Saint-Siège

Vatican, 13 novembre 2000 (APIC) Jean Paul II a insisté sur le droit de l’Eglise «d’éclairer les consciences» en s’adressant, le 13 novembre, au nouvel ambassadeur du Portugal auprès du Saint-Siège, José Ribeiro de Menezes, venu lui présenter ses lettres de créance. Le pape a également parlé des «problèmes moraux complexes» et rendu hommage aux Portugais pour leur sens de l’accueil.

Pour le pape, «la formation des consciences» est l’une des «préoccupations fondamentales de l’Eglise». Il est normal, a-t-il ainsi souligné, que l’Eglise locale, dans un pays comme le Portugal, ait «le droit de se prononcer» sur la valeur morale des lois et des institutions de l’Etat, même si elle n’a pas sur elles de «pouvoir direct». Jean-Paul II a ainsi affirmé soutenir l’Eglise portugaise dans sa lutte contre la «loi inique» de l’avortement et contre la légalisation des unions libres.

En évoquant les autres «problèmes moraux complexes» auxquels l’Eglise s’intéresse, le pape a cité la dépénalisation de l’usage de la drogue au Portugal, en déplorant la «grande désorientation» des jeunes qui en sont les victimes. En invoquant la responsabilité des éducateurs à leur égard, il a également déploré que certains n’éduquent pas à une «authentique liberté pour la recherche de la vérité, le respect de l’amour et les valeurs familiales». Le pape encourage l’Eglise à travailler dans ce sens, selon ses compétences et «dans le respect de la liberté des consciences». Il demande pour cela la collaboration de l’Etat portugais.

Hommage à l’accueil des Portugais

En recevant le nouvel ambassadeur, Jean-Paul II a rendu hommage au sens de l’accueil de l’étranger des Portugais, et à leur capacité d’entrer en contact avec les peuples du monde entier. Le pape a ainsi évoqué la «vague de solidarité» qu’ils ont manifesté au moment du «drame sanglant» du Timor-Est, en 1999, ainsi que leur intérêt en faveur des habitants de Macao, au moment où l’ancienne colonie portugaise est passée sous la souveraineté chinoise, en décembre 1999. Enfin, Jean-Paul II a fait allusion au souci du Portugal pour l’Angola, en déplorant que les appels pour la paix n’aient pas été entendus.

De son côté, l’ambassadeur du Portugal a évoqué les projets de révision du concordat qui lie le Saint-Siège et le Portugal, l’actuel datant en effet de 1833. Jean-Paul II l’a assuré de la «disponibilité du Saint-Siège» à ce sujet dans un «désir commun d’œuvrer en faveur d’une plus grande dignité de l’homme». (apic/imed/vb)

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