Suisse: Les femmes ne peuvent déléguer l’application de leurs valeurs ni de leur éthique
Olten, 14 novembre 2000 (APIC) Une bonne soixantaine de femmes ont débattu samedi 11 novembre à Olten de l’efficacité politique de leur valeurs », lors d’une journée de travail mise sur pied par la Fédération suisse des femmes protestantes (FSFP) et la Ligue suisse de femmes catholiques (SKF). Le conférencier du jour, le professeur bâlois Urs Thurnherr, a souligné l’importance de la confiance en soi pour développer une mentalité de l’indulgence et faire pièce au fanatisme.
Vice-présidente de la SKF, Caroline Meier-Machen a plaidé pour que les femmes assument leurs propres compétences de manière responsable, sans déléguer l’application de leurs valeurs et leur éthique à d’autres. Coprésidente de la FSFP, Ria van Beek s’est prononcée pour une éthique de l’amour, de la justice et de la solidarité.
« La morale traditionnelle n’offre pas de solution aux nouvelles dimensions prises par la responsabilité, à la suite des progrès du savoir et de la technique » estime le prof. Urs Thurnherr, privat-docent de l’Université de Bâle. Pour lui, le nouvel horizon des questions morales est gigantesque. Seule l’éthique permet d’y répondre, selon le conférencier qui a tracé les grandes lignes de l’éthique appliquée. Comment réagir face au fait quil y a tant de compréhensions différentes de la morale, s’est-il demandé. Pour le scientifique, le mot clé est la tolérance à l’égard des positions opposées et le développement d’une « mentalité de l’indulgence ».
Dans un acte constant de maîtrise de soi, le moi ne refoule ni ne laisse exploser l’agressivité, mais la dompte. « Il est important quand on a une opinion de ne pas la proclamer absolue. Le contraire de la tolérance n’est pas l’intolérance, mais le fanatisme. »
Le courage de l’insoumission
La conseillère nationale Rosmarie Dormann de Lucerne a souhaité aux femmes présentes le courage de suivre leur propre chemin, de s’engager pour leurs propres valeurs, même si elles ne correspondent pas à l’esprit du temps. Le courage de l’insoumission, le courage de contester les règles existantes, est nécessaire. « L’Adam d’aujourd’hui a de nouveau besoin d’un fruit de la connaissance. »
Rosmarie Dormann a parlé des valeurs qui fondaient son travail politique, pour « agir et décider en toute conscience ». Cela suppose un savoir, mais souvent les connaissances ne suffisent pas. Pour la politicienne, la complexité des problématiques touchant à l’éthique oblige à instruire et à entretenir constamment sa propre conscience.
A l’aide d’un questionnaire servant à montrer le processus de la formation de l’opinion éthique, il a aussi été débattu dans le cadre d’ateliers de la situation juridique des couples homosexuels, de la réglementation des délais pour l’interruption de grossesse, ainsi que de l’euthanasie. (apic/com/mjp)
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