Rome: Intervention de «L’Osservatore Romano» dans le débat italien sur le marxisme

Manuels scolaires jugés trop marxistes

Rome, 14 novembre 2000 (APIC) Ne pas «brûler des livres sur la place publique», mais «revoir une manière de penser». C’est ainsi que le quotidien du Vatican est intervenu le 14 novembre dans le débat soulevé en Italie par les conseillers régionaux du parti post-fasciste «Alleanza nazionale» de la région du Latium, qui ont proposé le 9 novembre de créer une commission d’experts pour la révision des manuels scolaires d’histoire, jugés trop imprégnés de marxisme.

En écho des réactions de la gauche italienne contre la proposition de création d’une commission d’experts, l’historien Daniele Veneruso admet dans «L’Osservatore Romano» que celle-ci «n’est pas admissible», comme n’est pas admissible «toute intervention de l’activité politique dans une matière qui concerne directement la liberté des éditeurs et la liberté de choix de la part des enseignants». Pour Daniele Veneruso toutefois, il y a effectivement un problème dans les livres d’histoire, et il faudrait «comprendre comment en Italie on est parvenu à une sorte d’hégémonie culturelle de la part de la dite culture de gauche». «Il s’agit de revoir une manière de penser, affirme-t-il, et non pas de brûler des livres sur la place publique».

La manière de pensée diffusée actuellement dans les livres d’histoire se caractérise effectivement par une diffusion du marxisme, estime-t-il, non plus sous sa «forme classique» de «révolution sociale», mais comme «véhicule de légitimation culturelle et de diffusion d’un matérialisme lourd et pénétrant» devenu «culture dominante». L’historien parle dans «L’Osservatore Romano» de «résultats destructeurs» de cette «tentative de réduire la réalité à la globalisation économique», et souligne la nécessité d’une «conversion de pensée et d’action», qui ne demande pas «l’adoption de mesures répressives», souligne-t-il, mais qui est «un problème à affronter ensemble».

Des calomnies sur Pie XII

Dans son édition précédente, le 12 novembre, le quotidien du Vatican était déjà intervenu sur «la manière d’écrire l’histoire», pour déplorer qu’une «interprétation unique», «laïque» et «progressiste», caractérise aujourd’hui les manuels scolaires. L’auteur de l’article déplorait en particulier les «lieux communs» présentés de manière «idéologique» dans l’histoire du christianisme, en citant notamment les «calomnies sur Pie XII». Le «vrai problème», estimait-il, réside dans «l’incommunicabilité» entre les travaux de la recherche historique et sa divulgation par l’école. (apic/imed`/bb)

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