Paris: Présentation des travaux du Conseil d’Eglises chrétiennes de France

Au-delà de « Dominus Iesus », une volonté de collaboration

Paris, 17 novembre 2000 (APIC) Le métropolite Mgr Jérémie, président de l’assemblée des évêques orthodoxes de France, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France (FPF) et Mgr Louis-Marie Billé, président de la Conférence des évêques de France ont présenté à la presse les travaux récents du Conseil d’Eglises chrétiennes en France (CECF) L’occasion, par-delà les difficultés liées à la publication du texte Dominus Iesus, de réaffirmer la volonté œcuménique de chacun et de souligner les prises de position communes.

Réuni le jeudi 16 novembre, le CECF a écouté pendant deux heures des intervenants de chaque confession venus parler du clonage. « Où nous conduira le travail commun? Aujourd’hui, personne ne le sait. Nous rejetons tous formellement le clonage à des fins de reproduction. En ce qui concerne le clonage à des fins thérapeutiques, nous prenons le temps de voir ce qui motive nos diverses approches et de clarifier le vocabulaire. Je constate que nos trois intervenants sont mobilisés sur le respect de l’embryon », souligne Jean-Arnold de Clermont. « C’est une question grave. Autant nous avions de grandes divergences sur le PACS, autant nous avons aujourd’hui une grande communauté de pensée », commente pour sa part Mgr Billé.

Le CECF a par ailleurs évoqué la rencontre à Viviers, en Ardèche, les 2,3 et 4 mai prochain des délégués à l’œcuménisme de chaque confession. Le thème de leur réunion sera : « Nos ecclésiologies ». « Suite à la parution de Dominus Iesus, nous avons clairement compris qu’il nous fallait travailler cette question, laissée en suspens. Le document du cardinal Ratzinger a suscité une vive émotion chez les protestants mais aussi chez beaucoup de catholiques. Paradoxalement il a relancé notre désir de marquer notre volonté oecuménique », souligne le pasteur de Clermont. Autre occasion forte de marquer cette volonté: la date commune aux trois confessions pour la célébration de Pâques en 2001. Chaque Eglise est invitée a faire preuve d’imagination pour marquer cet événement. A Lyon, par exemple, se dessine un projet visant à rassembler le dimanche de Pâques, au petit matin, sur le parvis de la cathédrale Fourvière, les fidèles orthodoxes, protestants et catholiques.

Rejet du dispositif antisectes

Le CECF a également fait savoir qu’il rejette unanimement le nouveau dispositif législatif antisectes et qu’il souhaite en débattre avec des représentants du gouvernement. « Qui sait si ce texte de loi ne peut être utilisé dans dix ans contre nos propres Eglises ? Nous avons à rappeler ce qu’est une société tolérante et notre refus d’une « police de la pensée », explique Jean-Arnold de Clermont. « Nous nous sommes situés en défenseur de la liberté », précise de son côté Mgr Billé.

Autre front commun du refus : la disparition de la référence à l’héritage chrétien dans la Charte des droits européens. « Nous ne pouvons pas raisonnablement construire l’avenir sans comprendre notre passé. Nos sources chrétiennes sont là, qu’on le veuille ou non, et elles ont guidé notre civilisation. Pourquoi faire l’impasse dessus », explique en substance le président de la Fédération protestante de France. « Il est normal que nous réagissions sur cette question car nous avons devons nous positionner comme responsables d’Eglise sur la nouvelle configuration de l’Europe, Europe où nous devons à nous nouveaux frais porter l’Evangile », commente de son côté Mgr Jérémie.

Le CECF envisage encore de donner son appui à l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) pour célébrer chaque année une journée de la mobilisation contre la torture. Il a également reçu des représentants des divers organismes missionnaires, venus leur présenter leur projet d’organiser en 2002 un forum œcuménique sur le sens de la mission aujourd’hui.

Mauvaise réception de « Dominus Iesus »

Prudents quant à l’évocation de « Dominus Iesus », les représentants du CECF ont été poussés dans leur retranchement par les journalistes. Ainsi, le président de la FPF, après avoir fait un distinguo peu convaincant entre le texte et sa réception, et souligné que c’était surtout sa réception qui faisait problème, a admis dans un deuxième temps que « les protestants étaient fondés à avoir mal reçu ledit texte ». Quant à Mgr Jérémie, il a fait valoir : « Ce texte théologique n’est pas une surprise ». De leur côté les orthodoxes affirment la même chose. Simplement, il n’est pas forcément venu au bon moment et vient encore brouiller tout le travail de rapprochement entre « les « Eglises sœurs », évoquées par le patriarche Athénagoras et Paul VI. Il nous faut malgré tout affirmer notre volonté d’aller de l’avant. » Quant à Mgr Billé, il a fait valoir: « Pour beaucoup, ce texte a été perçu comme un coup de frein à l’œcuménisme. Or, il ne se situe pas sur ce terrain là. Le CECF est un lieu de rencontre où nous parlons en toute franchise, quelles que soient nos difficultés, y compris celles liées à ce document Nos rencontres et cette conférence de presse sont une réponse : mais nous n’avons pas à bâtir ensemble un texte commun de réaction à Dominus Iesus. (apic/jcn/bb)

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