Oui à la laïcité et réintroduction de la référence à Dieu

Sénégal:Le président Wade répond aux attentes des musulmans sur la constitution

Dakar, 21 novembre 2000 (APIC) Le président sénégalais Abdoulaye Wade a annoncé lundi son intention de réintroduire la référence à Dieu dans le serment de celui qui aura en charge de conduire les destinés du pays. Devant les participants à une conférence sur l’islam, il a également tranché dans le débat sur la laïcité, affirmant avec force conviction que cette notion «figure et figurera» dans la constitution qui sera soumise, le 7 janvier prochain, à l’approbation du peuple.

La référence à Dieu est une innovation découlant du fait que «le Sénégal est un pays de croyants», a-t-il souligné, ajoutant que «désormais, le président de la République dira: je jure devant Dieu et devant les hommes». Ce passage a figuré dans la constitution sénégalaise de 1960 à 1983. Il a été supprimé par l’ancien président Abdou Diouf.

La réintroduction de la référence à Dieu dans le serment du président de la république, a-t-il poursuivi lors d’une intervention à l’ouverture d’une conférence internationale sur l’islam», fera que l’on ne nous accusera plus d’avoir voulu instituer une constitution fondée sur l’athéisme».

S’agissant de la polémique suscité autour de son idée de supprimer le mot laïque de l’article premier de la nouvelle constitution qu’il a initiée, il s’est interrogé sur toute cette agitation, estimant que la laïcité dont la plupart des sénégalais ignorent la signification exacte, «figure et va figurer encore dans la constitution sénégalaise» en même temps qu’il a été explicité dans sa dimension de respect de la liberté religieuse.

Islam: pas d’esprit conquérant

Sur le plan politique, le président Wade a estimé que l’islam, la religion à laquelle il appartient, n’a pas pour ambition de conquérir le pouvoir, mais cherche à gagner le coeur des hommes par l’amour. Il répondait à la question d’un participant qui l’avait interpellé sur la conception qu’il a de la place de la religion musulmane dans l’exercice du pouvoir, dans la mesure où de nombreux hommes politiques de son pays, dont lui-même, font allégeance aux marabouts pour bénéficier de leur ordre pour voter.

La conférence islamique de Dakar qui s’achèvera le 24 novembre porte sur «islam, résistances, Etat en Afrique de l’ouest (19e et 20e siècle)». Elle regroupe des dizaines d’experts, d’historiens et d’universitaires provenant des différentes régions géographiques du monde. Durant leurs travaux, ils expliqueront la manière dont la religion musulmane a constitué l’épine dorsale de toutes les formes de résistances, d’adaptation et d’innovation des sociétés africaines pendant ces deux derniers siècles. Les autres thèmes du colloque sont: «l’expansion de l’islam et les diverses formes de restructuration des sociétés et états de l’Afrique de l’ouest avant le 19e siècle: le legs du passé», «l’islam face au défi de la constuction de l’Etat-nation et aux exigences du mouvement politique social». La conférence est organisée par l’Action de Solidiraité Islamique, une ONG sénégalaise. (apic/ibc/bb)

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