Suisse: Présentation à Zurich jeudi de la nouvelle direction de l’Action de Carême
Lausanne/Lucerne, 22 novembre 2000 (APIC) L’œuvre d’entraide des catholiques suisses « Action de Carême » (AdC) à Lucerne aura une direction entièrement renouvelée dès le 1er janvier 2001. Les noms du nouveau directeur, élu mercredi par le Conseil de fondation – l’organe suprême de l’AdC – et des nouveaux membres de la direction seront présentés jeudi à la presse à Zurich, en présence de Mgr Ivo Fürer, évêque de St-Gall et président du Conseil de fondation.
Après la « profonde crise de confiance » entre des membres du Conseil de fondation de l’Action de Carême (16 membres, dont la moitié sont les évêques et les Abbés territoriaux, les autres des laïcs) et la direction de l’œuvre à la centrale de Lucerne, l’AdC semble retrouver des eaux plus calmes. Les tensions ont culminé avec la démission de l’ensemble des membres de l’ancienne direction, dont la directrice Anne-Marie Holenstein le 29 mai dernier – « Signes d’accalmie »
« Signes d’accalmie », peut-on d’ailleurs lire dans la dernière édition de « Regard », le bulletin d’information romand de l’AdC. On y rappelle notamment le départ en début d’année de Mark Schmid, responsable du Département Sud, et plus récemment de Toni Bernet-Strahm, du Département Communication et Formation, qui a dirigé 20 campagnes de carême, avant de se décider à prendre cet automne la direction de la Maison Romero, à Lucerne. Anne-Marie Holenstein, la première femme à diriger l’AdC – qui a œuvré de façon très professionnelle pendant ses 5 ans au gouvernail – s’en va le 31 décembre, à l’âge de 62 ans. Erich von Rotz, qui reste cependant attaché à la centrale de Lucerne, remettra pour la même date sa double charge de responsable des Services internes et de membre de la direction.
Derrière le présumé conflit idéologique, un problème structurel réel
La crise, qui a porté atteinte à l’image de l’Eglise suisse, semble en voie de résolution, même si elle a laissé des traces tant au niveau de la base, dans les milieux qui soutiennent le travail indispensable et apprécié de l’AdC, que dans le personnel de la centrale à Lucerne. « L’horizon s’éclaircit malgré tout », note-t-on au secrétariat romand de l’AdC à Lausanne. Une solution a été trouvée pour assurer la continuité du Département Sud. Par ailleurs, note « Regard », « derrière le présumé conflit idéologique entre une partie du Conseil de fondation et la direction se cachait un autre problème plus réel: celui du conflit des rôles et des compétences ».
Les évêques suisses, tous membres du Conseil de fondation doivent, selon le code civil suisse, constituer l’organe de surveillance des fondations de droit ecclésiastique. « Cette fonction n’est pas assurée pour le moment, mais doit l’être si l’on veut se conformer à la loi », constate l’organe d’information romand, qui relève que les évêques ne peuvent pas à la fois être membres de l’organe de surveillance et membres du Conseil de fondation, organe décisionnel. « Ce double rôle ne peut qu’engendrer des conflits ».
Des questions non résolues demeurent
Des propositions tendant à simplifier les structures complexes de l’AdC et à clarifier les rôles et les compétences, à commencer par ceux du Conseil de fondation, sont actuellement en consultation. Le Conseil de fondation devait opérer un choix parmi les variantes de restructurations proposées. Dans son mot d’adieu publié dans « Regard », Anne-Marie Holenstein relève qu’il subsiste à l’AdC « des questions et même des controverses: sur le lien ecclésial des collaboratrices et des collaborateurs de notre institution, sur le contenu du concept de mission, sur la marge d’autonomie dont dispose une direction d’entreprise moderne face aux organes supérieurs ».
La campagne « Civiliser l’argent » est sur les rails
Anne-Marie Holenstein assure cependant qu’elle reste profondément attachée à l’AdC à travers la vision qui l’a accompagnée depuis son entrée en fonction, à savoir « annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d’accueil pour le Seigneur ». (Luc 4, 18 et sq.)
Quant à la prochaine campagne de carême 2001 sur le thème « Civiliser l’argent », qui sera lancée lors d’une fête œcuménique le dimanche 4 mars à la paroisse Saint-Pierre à Fribourg, elle repose sur des bases solides, affirme la directrice sortante: « un ancrage théologique clair, des idées novatrices, un matériel pratique qui nous aidera à nous confronter à l’argent, cette puissance qui fait bouger le monde ». (apic/be)
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