Un militant pour la paix et la sauvegarde de la création

France: Décès de Théodore Monod à l’âge de 98 ans

Versailles, 22 novembre 2000 (APIC) Le scientifique protestant Théodore Monod est décédé mercredi 22 novembre, à la Maison de Santé Claire Demeure des Diaconesses de Reuilly à Versailles, où il était depuis plusieurs mois dans l’unité de soins palliatifs. Ses engagements en faveur de la non-violence et pour le respect de la création en ont fait un haut personnage qui a participé aux grandes luttes du 20e siècle.

A l’annonce du décès de Théodore Monod, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, a rendu un hommage à l’homme de science et de foi en soulignant que " jusqu’à ces dernières forces, Théodore Monod a été un battant. Dans ses écrits, ses conférences, ses interviews et sa présence sur les lieux de manifestations publiques, il a cru avec Gandhi et Martin Luther King à la puissance de la non-violence active». Comme scientifique, Théodore Monod était opposé à l’arme atomique à cause de ses destructions monstrueuses et de ses conséquences incontrôlables pour la planète. «Pour lui, l’homme est encore en devenir et l’humanité en voie d’hominisation», souligne Jean-Arnold de Clermont. «On lui objectait un jour, en public, que la méthode non-violente était un processus à long terme et exigeait beaucoup de temps. Il répondit immédiatement :Raison de plus pour commencer tout de suite».

Une foi d’avant les conciles

Le président de la Fédération protestante de France décrit Théodore Monod comme un chrétien convaincu, dont la foi se rattachait à celle des croyants d’avant les Conciles qui par promulgation de «dogmes» ont jugé, condamné, exclu, anathématisé et divisé.Théodore Monod se récitait chaque jour, pour lui-même, les Béatitudes en grec néo-testamentaire, selon l’habitude du «Tiers Ordre protestant des Veilleurs» auquel il appartenait. En communion avec les musulmans, et en particulier avec les Souffis, il jeûnait le vendredi.

La passion du désert

En 1938, il se rend à Dakar où il crée l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) et il en est le directeur jusqu’en 1965. Après sa retraite, en 1987-89, il reprend ses recherches dans le désert de l’Adrar à la poursuite d’une météorite géante. Théodore Monod docteur honoris causa des Universités de Neuchâtel, de Cologne. Il a milité pour la décolonisation et contre l’apartheid ; et pendant la guerre d’Algérie, il a signé «le manifeste des 121» sur le droit à l’insoumission. Non-violent, pacifiste et anti-militariste, il lutte contre la vente des armes et contre le nucléaire. Ecologiste, il défend la nature et les animaux. Ami de Teilhard de Chardin, il se reconnaît comme lui «enfant du ciel» et «fils de la terre». (apic/com/bb)

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