Des critères pour «discerner en période électorale»
Ottawa, 24 novembre 2000 (APIC) La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a publié un document intitulé «Discerner en période électorale» en vue des élections fédérales générales du lundi 27 novembre prochain. Il s’agit pour la CECC d’offrir des points de repères aux électeurs et de contribuer à éclairer la conscience sociale des citoyens canadiens appelés aux urnes. Pas question cependant de dire aux gens comment et pour qui voter.
Dans sa réflexion pastorale, la Commission épiscopale des affaires sociales du Canada rappelle que les élections fédérales 2000 – qui revêtent un caractère particulier en cette année jubilaire – constituent «un moment privilégié pour réfléchir sur l’état de santé de notre vie collective, sur la qualité de notre vécu communautaire. C’est ausi l’occasion de nous demander quel type de société nous voulons.»
Dans le but d’aider les électeurs à s’y retrouver parmi les multiples messages, souvent contradictoires, qui parviennent aux citoyens, et d’offrir des critères pour savoir quel parti et personnalités appuyer, la Commission épiscopale des affaires sociales propose un certain nombre de réflexions. Elle souligne que tout chrétien a le devoir moral d’exercer son droit démocratique et de participer pleinement à l’édification du Règne de Dieu en s’engageant de manière concrète et réfléchie au sein de la société. «En période électorale, étudier avec discernement les différentes options politiques ne constitue qu’une des façons importantes d’exercer cette responsabilité.»
La Commission épiscopale des affaires sociales veut attirer l’attention sur trois aspects importants de l’enseignement de l’Eglise: le respect de la personne humaine et de sa vie qui est sacrée depuis le moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle, l’option préférentielle pour les pauvres, la réalisation du bien commun.
L’option pour les pauvres, pas seulement un choix politique, une exigence de l’Evangile
La Commission demande, «en partant du fait que la vie est véritablement sacrée», d’examiner dans quelle mesure les différents partis politiques et les candidats s’engagent notamment à défendre le droit de l’enfant à naître, à maintenir les interdictions prévues par la loi contre l’euthanasie et l’aide au suicide, à s’opposer à la peine capitale, à améliorer les soins de santé, en particulier les soins prodigués aux mourants.
En soulignant l’option préférentielle pour les pauvres, l’Eglise canadienne relève que pour celui qui vit la foi chrétienne, «se soucier des pauvres n’est pas seulement un choix politique, c’est une exigence de l’Evangile». Rappelant les paroles du pape Jean Paul II, la CECC souligne que la valeur d’une société se mesure à la situation de ses membres les plus vulnérables.
Au Canada, un enfant sur cinq contraint à vivre dans la pauvreté
Dans ce domaine, la Commission sociale demande d’examiner les propositions des partis politiques concernant les coûts humains des stratégies économiques et financières qui condamnent un Canadien sur six, et un enfant sur cinq au Canada, à vivre dans la pauvreté. La CECC constate que le fossé entre riches et pauvres ne fait que s’accroître.
En ce qui concerne la réalisation du bien commun, l’Eglise canadienne demande ce que proposent les différents programmes politiques pour répondre aux préoccupations de la société, comme la priorité accordée à une politique de création d’emplois stables et bien rémunérés, liée à une stratégie de développement social et économique intégré. Et de se demander si les politiques se préoccupent réellement de l’environnement, par exemple, de la conservation des ressources non renouvelables et du développement humain durable au Canada et à l’étranger. Les évêques canadiens demandent également de vérifier comment ces politiques respecteront les engagements internationaux pris par le Canada, qui doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour tenter de remédier aux changements climatiques.
Ils questionnent les programmes pour voir s’ils proposent d’augmenter la contribution canadienne à l’aide au développement, de radier les dettes que les pays pauvres ne pourront pas rembourser et de mettre en place des accords commerciaux équitables. «En campagne électorale, l’enseignement social de l’Eglise nous aide à exercer un certain discernement. L’économie et la politique existent pour les personnes, et non l’inverse».
Pour la Commission épiscopale, toutes les activités économiques et politiques doivent reposer sur des principes éthiques. Les choix économiques et les législations qui s’ensuivent doivent être jugés en fonction de la protection et de la promotion qu’ils assurent à la vie, à la dignité humaine et à la famille. Un bilan économique et politique devrait refléter la priorité accordée aux soins des personnes vivant dans la pauvreté et des citoyens les plus vulnérables ou défavorisés, comme les immigrants ou les peuples autochtones. (apic/cecc/be)
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