Sénégal: Fin d’un symposium international sur l’histoire de l’islam
Dakar, 26 novembre 2000 (APIC) Le radicalisme religieux qui a conduit certains pays islamiques à instaurer la charia (loi islamique) a divisé les islamologues et politiciens réunis à Dakar pour un symposium international sur l’évolution de l’islam en Afrique de l’Ouest ces deux derniers siècles. La loi islamique selon le coran est actuellement appliquée en Arabie Saoudite, en Afghanistan, en Iran, en Mauritanie, au Nigeria et au Soudan.
Le symposium de Dakar, rpemier du genre, a été ouvert le 20 novembre par le président sénégalais Abdoulaye Wade. Au terme de leurs assises, le vendredi 24 novembre 2000, les chercheurs, islamologues, universitaires, hommes politiques de 13 pays du monde, ont montré des positions différentes face à l’intégrisme islamique. Certains d’entre eux estiment que les musulmans doivent légiférer pour harmoniser leur vécu quotidien au coran. D’autres, en revanche privilégie l’éducation, la formation et l’information pour faire coïncider mode de vie et préceptes coraniques. Une maîtrise de l’islam, de ses principes et de ses pratiques, est le meilleur moyen pour appliquer les principes de la charia, ont-ils ajouté.
Débat sur la laïcité de l’Etat
Le débat sur la laïcité de l’état est lancé dans de nombreux pays d’Afrique occidentale, comme le Nigeria, le Sénégal, le Niger ou le Mali. Pour l’universitaire sénégalo-guinéen, Boubacar Barry, cette discussion ne signifie pas forcément une montée de l’intégrisme dans ces Etats. «L’islam est une tradition très ancienne dans les pays de l’ouest de l’Afrique. Implanté pacifiquement et assimilé par les populations, il a connu ses périodes d’expansion et de déclin», a-t-il déclaré. S’agissant de la cohabitation entre l’islam et la politique en Afrique, où de nombreux hommes politiques font allégeance aux marabouts pour bénéficier de leurs faveurs électorales, le Pr. Barry estime que cela ne doit pas «effrayer outre mesure les gens. Car il y a autant de partisans que d’adversaires de l’islamisation.»
Le symposium a en revanche été unanime pour rejeter le concept de la mondialisation, synonyme d’uniformisation. Les musulmans s’intégreront dans la marche du monde avec leurs propres valeurs et principes, ont affirmé les participants au symposium, tout en rappelant que l’islam, leur religion, était par principe intégrateur. En conclusion, ils ont décidé d’approfondir la réflexion sur la société islamique dans les états islamiques.
Lors des travaux, les participants ont évoqué la pérennité de l’islam, la traite des nègres, la conquête coloniale et la guerre sainte, avant le 19e siècle. Cette période, a déclaré le Pr. Bouna Guèye, rapporteur de la rencontre, a été celle de la consolidation de l’islam sous la forme d’une résistance aux nombreuses influences culturelles. (apic/ibc/mjp)
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