Lutter contre le « SIDA du cœur »
Delémont, 28 novembre 2000 (APIC) Le Service pastoral Prison-Toxico-Sida de l’Eglise catholique du Jura lance un appel à l’ouverture de cœur avec ceux qui souffrent du SIDA. « Plus grave que le SIDA qui prive le corps de ses capacités de défense, le SIDA du cœur ferme l’homme sur lui-même », lance le service jurassien dans un communiqué diffusé mardi à l’occasion de la journée mondiale du SIDA du 1er décembre.
« J’ai horreur de la pitié. Elle marginalise. J’aime qu’on me regarde comme un être humain avec mes capacités et mes limites. J’apprécie les personnes qui, par leur amitié et leur respect, me permettent d’être moi-même, de trouver ma place dans la société et de réaliser ma vie avec ce que je suis ». Cette réflexion d’un jeune touché par cette maladie montre que le Sida du cœur est tout aussi inquiétant que celui du corps. « Il prive l’homme de toute défense contre la paralysie de ses valeurs et le rend incapable de répondre par un engagement aux appels de ceux qui souffrent et qui l’attendent », souligne le Service pastoral jurassien Prison-Toxico-Sida. Pour lui, le premier remède contre ce virus du cœur est proposé à chacun personnellement: « changer son regard, se libérer de cette pitié stérile, se libérer du rejet qui marginalise, se laisser habiter par un regard de bienveillance qui ne juge pas, mais qui aide l’autre à découvrir les vraies valeurs semées en lui ».
Le deuxième remède s’adresse aussi aux communautés d’Eglise. L’organisme pastoral jurassien reprend une affirmation publiée par le père Pareydt dans « Chrétiens et Sida » de juillet 1999: « L’enjeu de l’éthique chrétienne n’est pas de se protéger, mais de s’exposer. Le goût que procure l’Evangile est celui de l’étrange (de l’audace) : aller aux frontières (au-delà des frontières), rencontrer ceux et celles qui sont loin, qui ne nous ressemblent pas, mais aspirent à savoir qui nous sommes et comment nous pourrions les aider (et collaborer) ».
L’homme de ce temps – et particulièrement l’homme blessé par une modernité déshumanisante comme le sidéen – attend des porteurs d’espérance, poussés par l’Esprit à l’audace de l’Evangile, souligne le Service Prison-Toxico-Sida. (apic/sic/bb)
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