Près de 22 millions de morts depuis l’éclatement de la pandémie

ONU: L’épidémie du sida continue à se développer dans le monde: 36,1 millions d’infectés

Genève, 28 novembre 2000 (APIC) L’épidémie du sida continue à se développer dans le monde et touche désormais 36,1 millions de personnes infectées. Le Programme de l’ONU pour la lutte contre le sida (ONUSida) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont présenté mardi à Genève le nouveau rapport sur le VIH et le sida. L’Afrique subsaharienne est la plus touchée par le fléau, mais la progression est fulgurante en Europe de l’Est, surtout en Russie, tandis que la tendance est à la stabilisation en Europe occidentale et en Amérique du Nord.

Ces organisations estiment aujourd’hui que le nombre de personnes vivant avec le vih ou le sida à la fin de 2000 est de 36,1 millions, ce qui dépasse de 50% les projections faites en 1991 par le Programme mondial OMS de lutte contre le sida. L’épidémie varie d’une région du monde à une autre. L’an dernier, elle a tué 3 millions de personnes, et plus de 21,8 millions depuis l’éclatement de la pandémie: 9 millions de femmes, 8,5 millions d’hommes et 4,3 millions d’enfants.

L’Afrique subsaharienne la plus touchée

Selon le nouveau rapport, avec 25,3 millions de porteurs du virus, l’Afrique subsaharienne est la région du monde la plus touchée par la maladie: la progression des cas de personnes de personnes vivant avec le vih/sida a atteint un million en un an. «La situation du sida en Afrique est catastrophique», constate le Dr. Peter Piot, directeur exécutif de l’ONUsida. «L’Afrique subsaharienne demeure la région du monde la plus touchée. Cette région est confrontée à un triple défi: apporter des soins à une population toujours plus importante de personnes infectées par le vih, faire baisser les nouvelles infections grâce à une meilleure prévention et faire face l’impact de 17 millions de décès sur le continent.» Il faudrait dans cette région investir quelque 3 milliards de dollars pour obtenir des progrès dans la lutte contre la maladie.

Dans les pays les plus touchés, le sida paralyse les économie nationales et bouleverse le monde des affaires. En Afrique du Sud, l’une des économies africaines les plus prospères, l’épidémie pourrait amputer le produit intérieur brut (PIB) de 17% d’ici 2010 et faire perdre 22 milliards de dollars à l’économie nationale. Un pays comme le Botswana serait encore plus touché, avec une perte de 20% du PIB.

Europe orientale: drogue et commerce du sexe

Dans cette région les infections ont augmenté de deux tiers en une année, la Fédération de Russie étant particulièrement touchée, passant de 130’000 cas à 300’000. Il y a un an à peine, l’Europe de l’Est n’avait «que» 420’000 personnes infectées par le vih, tandis qu’elles sont déjà 700’000 en l’an 2000.

«La plupart de ces infections se produisent parmi les consommateurs de drogues injectables», affirme le Dr. P. Piot. «Dans des nombreux pays, la lutte contre l’épidémie se déroule dans un contexte de bouleversements socio-économiques. Cette instabilité alimente la consommation de drogues et le commerce du sexe, qui tous deux accélèrent la propagation du vih.

En Asie, on note une progression de 700’000 cas d’infection, et selon l’ONUsida, c’est surtout la Chine qui est touchée par cette croissance. Pour l’Europe occidentale, on note 30’000 nouveaux cas, contre 45’000 aux Etats-Unis et au Canada. Paradoxalement, en raison des progrès de la médecine qui permettent de ralentir les progrès de la maladie, le nombre de personnes infectées risque de repartir à la hausse en raison d’une augmentation des rapports sexuels non protégés. Ce sont surtout les jeunes qui sous-estiment les conséquences d’un tel comportement à risques.

Sida: les hommes font la différence

La campagne mondiale contre le sida de cette année, «Les hommes font la différence», reconnaît l’énorme potentiel dont disposent les hommes pour faire reculer la pandémie, s’agissant d’interrompre la transmission du vih et de s’occuper de leurs proches infectés ou orphelins. L’épidémie touche les hommes comme les femmes, mais le comportement des hommes en fait les principales cibles de l’épidémie. Les comportements masculins contribuent également à la propagation du vih parmi les femmes, qui ont souvent moins le pouvoir de décider où, quand et comment les rapports sexuels ont lieu. (apic/kna/iac/be)

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