France: Création d’embryons pour la recherche médicale
Paris, 29 novembre 2000 (APIC) Le Premier ministre français Lionel Jospin a présenté mardi les grandes lignes de l’avant-projet de loi sur la bioéthique qui sera présenté au conseil des ministres au printemps 2001. Alors que la loi en vigueur interdit pratiquement toute intervention sur l’embryon, l’utilisation des embryons pour la recherche est désormais envisageable. Des pratiques que l’Eglise catholique réprouve, car elles réduisent l’embryon au statut d’objet.
Devant le comité consultatif national d’éthique, Lionel Jospin a cependant affirmé que le clonage humain demeurera interdit en France. Préparé depuis un an, l’avant-projet révise les lois de 1994 sur la bioéthique. Prévue dans un délai de 5 ans, cette évolution du droit est rendue nécessaire >. Ces cellules non-différenciées >. Elles pourront demain être conçues à partir du sang du cordon ombilical.
Lionel Jospin envisage l’utilisation de l’embryon humain pour la recherche, d’une manière qui ne se contente pas d’étudier les développements de l’embryon – ce qui n’exclurait pas ensuite de lui permettre de se développer dans le corps – mais pour des recherches qui conduiraient ensuite à rejeter l’embryon. Le Père Patrick Verspieren, du département d’Ethique biomédicale du Centre Sèvres des jésuites à Paris, réagit dans une interview accordée à >. : c’est-à-dire que l’embryon est traité comme une chose et non plus comme un être porteur d’une vie humaine, faisant partie de l’humanité. L’Eglise catholique s’oppose fermement à une telle réduction de l’embryon au statut d’objet >>.
Lionel Jospin s’est voulu rassurant: cette possibilité de recherche serait extrêmement encadrée et ne serait permise qu’à titre exceptionnel. Le texte apparaît comme recherchant un compromis, admet le P. Verspieren, mais il >.
Fausse conciliation et alibi
Lionel Jospin s’est dit convaincu que
Si, quand on parle de cellule souche, il y a une très grande fascination de beaucoup de scientifiques pour l’utilisation de l’embryon humain, d’autres vois de recherche sont à explorer, souligne le P. Verspieren, comme l’utilisation de cellules prélevées sur le cordon ombilical ou le prélèvement de cellules souches d’enfants ou d’adultes. >
D’autres réactions
Parmi d’autres réactions enregistrées par >, on retiendra celle du pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France (FPF), qui sur deux points. D’une part, parce que l’autorisation de la recherche ne portera que sur des embryons surnuméraires actuellement congelés: dans le judaïsme, ceux-ci sont considérés comme ayant un âge biologique inférieur à 40 jours et n’ont donc pas le statut d’êtres vivants; d’autre part, étant congelés, l’argument de potentialité de vie ne joue pas, contrairement aux embryons >, dans le corps de la femme.
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