Inde: Les Eglises indiennes critiquent une enquête américaine sur la liberté religieuse
New Delhi, 2 octobre 2000 (APIC) Les Eglises indiennes ont vigoureusement critiqué une «enquête publique» sur la liberté religieuse en Inde. Cette étude, menée à Washington par la Commission des Etats-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), soutient que les droits des minorités ne sont pas respectés.
L’USCIRF a entendu des témoignages de violences commises contre des chrétiens en Inde et au Pakistan, qui ont démontré l’incapacité des gouvernements de ces deux pays à sauvegarder les droits des minorités religieuses. L’Inde est principalement hindoue, alors que le Pakistan est majoritairement musulman.
Le débat a eu un profond retentissement en Inde, où il est vu comme une ingérence dans les affaires internes du pays. «Nous sommes un pays démocratique, et nous avons des organisations de protection qui défendent les droits des minorités non hindoues», a déclaré un représentant du Conseil national des Eglises de l’Inde, qui regroupe 29 Eglises orthodoxes et protestantes. Paul Martin Chandran, chargé de la communication du Conseil, a déclaré à l’agence ENI qu’il ne s’attendait pas à ce que les Etats-Unis agissent comme un tribunal international. La Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI) a également critiqué la Commission américaine, qui vise à promouvoir la liberté religieuse comme l’un des objectifs de la politique étrangère américaine.
Violences à l’égard des minorités religieuses
Ces dernières années, des responsables d’Eglises indiennes ont exprimé leur inquiétude devant les violences commises à l’encontre des chrétiens indiens par les fondamentalistes hindous. L’USCIRF a rappelé que l’augmentation des attaques contre les chrétiens coïncide avec la montée au pouvoir en 1998 du parti pro-hindou (Bharatiya Janata Party). Depuis lors, les agressions contre les groupes minoritaires, les incendies d’églises et d’écoles, et les assassinats de prêtres et de missionnaires, se sont succédés.
Le rapport du Département d’Etat sur la liberté religieuse internationale, publié au début du mois de septembre, a conclu que les gouvernements de l’Inde et du Pakistan ont fermé les yeux sur de «graves violations de la liberté religieuse». L’avocat pakistanais L. Shahani, qui a souvent représenté des adeptes de religions minoritaires devant les tribunaux, a appelé à des sanctions internationales contre le Pakistan pour les traitements infligés à des citoyens non musulmans.
Un prêtre ayant participé au débat, et désirant conserver l’anonymat, a déclaré que «les membres des minorités religieuses sont victimes de discrimination, considérés comme des citoyens de deuxième classe. Ils sont persécutés sur les plans politique, religieux, social et économique. Les minorités se sentent étrangères dans leur propre pays». (apic/eni/fm)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse