Le président «se moque des gestes sacrés du pape», estiment-ils
Varsovie, 5 octobre 2000 (APIC) Plusieurs évêques catholiques polonais ont demandé la démission du président Aleksander Kwasniewski, après la diffusion, à la télévision, d’une scène dans laquelle on le voit en train de se moquer du pape Jean Paul II. Le président se défend d’avoir voulu commettre «un acte blasphématoire».
«Il est incroyable et choquant de voir le président de notre République s’associant à son collaborateur pour se moquer des gestes sacrés du pape», s’indignent les évêques de l’archidiocèse de Lodz, au centre de la Pologne. «Si le président n’est pas apte à prendre les grands sujets sacrés au sérieux, il est permis de douter de sa capacité à accomplir les taches liées à la plus haute charge de l’Etat», ajoutent-ils.
Cette indignation des évêques polonais a été provoquée par la diffusion, le 22 septembre, d’un spot de campagne électorale du candidat rival du président, Marian Krzaklewski. La vidéo comprenait une séquence de 1997 montrant le président en train de rire des gestes de son collaborateur qui, après avoir fait semblant de bénir la foule en descendant d’un hélicoptère, s’est agenouillé pour embrasser le sol, comme le fait le pape Jean Paul II. En effet, durant les premières années de son pontificat, Jean Paul II s’agenouillait et embrassait le sol à son arrivée dans un pays étranger. La retransmission de cette incident était accompagnée d’un commentaire demandant si le président «méritait de représenter la Pologne».
L’archevêque Jozef Zycinski a déclaré que les catholiques romains devraient tirer «des conclusions sérieuses et nettes» de cet incident, et il a demandé au président de démissionner. «Cette scène illustre clairement l’attitude de l’entourage d’Aleksander Kwasniewski à l’égard des valeurs religieuses», estime l’archevêque.
Le président a déclaré la semaine dernière qu’il n’avait pas eu l’intention d’offenser le pape ni les catholiques polonais. «Je ne trouve aucune mesure d’indulgence dans la déclaration des évêques, ni la capacité de juger les faiblesses humaines avec une plus grande tolérance», a-t-il déclaré. Aleksander Kwasniewski devançait largement les autres candidats avant les élections du 8 octobre. Un sondage publié le 2 octobre dans le journal «Gazeta Wyborcza» indique que les intentions de vote en sa faveur ont chuté, passant de 62% à 52 % après la projection de la vidéo. (apic/eni/fm)
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