Philippines: Le cardinal Sin de Manille réclame la démission du président Estrada

Accusé d’avoir reçu de « l’argent sale » de paris clandestins

Manilles, 12 octobre 2000 (APIC) Le cardinal Sin et le Conseil presbytéral de Manille, aux Philippines, réclament la démission du président Joseph Estrada, accusé d’avoir reçu de « l’argent sale » provenant de jeux clandestins. Il est accusé par les responsables catholiques d’avoir compromis sa capacité morale à diriger le pays.

Le président Estrada, qui ne veut pas démissionner, a déclaré jeudi à la télévision être victime d’une cabale politique et affirmé n’avoir pas touché un centime des paris clandestins. Il a été lâché jeudi par sa vice-présidente, Gloria Macapagal Arroyo, qui a démissionné de son poste ministériel.

Démission de la vice-présidente, Gloria Macapagal Arroyo

Le président philippin est accusé d’être impliqué dans des activités de paris clandestins, ce qui pourrait lui coûter une procédure d’ »impeachment », à savoir sa mise en état d’accusation par l’opposition qui pense demander cette mesure ce vendredi ou lundi. Pendant ce temps, la vice-présidente, Gloria Macapagal Arroyo, en voyage en Europe, a annoncé sa démission de son poste de Ministre des affaires sociales, vraisemblablement pour se positionner dans la course à la succession du président Estrada.

Le gouverneur provincial d’Ilocos Sur, Luis « Chavit » Singson, a accusé mercredi le président lors d’une audience devant le Sénat qu’il avait personnellement remis de l’argent liquide et des chèques au président Estrada ces deux dernières années. Cet argent, a-t-il précisé, a été collecté auprès d’organisateurs d’une sorte de loterie clandestine.

L’archevêque de Manille a déclaré mercredi publiquement qu’Estrada est soupçonné d’avoir encaissé l’équivalent de 9 millions d’euros en pots-de-vin de la part des organisateurs du « jeuteng », la loterie populaire illégale. Il estime qu’ainsi le chef de l’Etat a « compromis sa capacité morale à diriger le pays », ce qui doit l’amener à quitter ses fonctions pour laisser la place à un successeur élu constitutionnellement.

Dans une déclaration pastorale intitulée « Sur la voie de la vérité », le Conseil présidé par le cardinal Sin, qui intervient souvent dans le champ politique aux Philippines, estime qu’Estrada doit démissionner « pour le bien du peuple ». Il est sommé de remettre ses fonctions à son successeur selon la Constitution, à savoir à la vice-présidente, Gloria Macapagal Arroyo, une personnalité catholique populaire aux Philippines. (apic/cns/misna/bbc/be)

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