Cuba: La situation des catholiques ne s’est pas améliorée depuis la visite du pape
La Havane, 12 octobre 2000 (APIC) La situation des catholiques à Cuba est aussi difficile qu’avant, estime l’archevêque de la Havane, Mgr Jaime Ortega. Selon lui, la visite du pape en 1998 n’a pas changé grand-chose. Mgr Ortega s’exprimait le 11 octobre à Aix-la-Chapelle, où il était l’hôte de l’œuvre d’entraide catholique «Missio». Aux yeux de l’archevêque de la Havane, la visite de Jean Paul II a eu une grande valeur symbolique et a laissé des traces évidentes chez les fidèles, «mais concrètement, tout est resté comme avant».
«Les mesures prises par le gouvernement pour changer ses rapports avec l’Eglise ne sont pas perceptibles», a estimé Mgr Ortega. «Lorsque l’Eglise catholique veut s’engager socialement, elle doit le faire dans la discrétion», a ajouté l’archevêque de la Havane, qui participe ces jours à Aix-la-Chapelle à un congrès international sur le thème «Eglise et société à Cuba aujourd’hui.
Malgré le problème avec les bureaux de l’Etat, l’Eglise tente, dans le cadre de ses possibilités, d’élargir ses structures existantes. L’archevêque de la Havane a en outre expliqué que l’Eglise projette de développer de façon continue l’Institut des sciences des religions dans la capitale. Il a signalé plusieurs autres initiatives dans les différents diocèses.
Selon Mgr Ortega, il est actuellement impossible de construire de nouvelles églises à Cuba et c’est pour cela que la vie religieuse est très présente dans les familles. Pour appuyer ses dire, il a cité en exemple une commune sans église, à l’ouest de la capitale, qui pratique une «vie communautaire très active».
Aux yeux de l’archevêque, le contrôle de l’Eglise par l’Etat n’a jamais été aussi fort qu’il ne l’est en Chine ou qu’il ne l’était en ex-URSS. Fidel Castro, a-t-il dit, n’a jamais agi avec violence contre la religion. Avec l’autorisation du gouvernement, les évêques ont toujours pu voyager librement à l’intérieur du pays et dans leurs diocèses. L’Eglise catholique de Cuba, a enfin signalé Mgr Ortega, a fait beaucoup de choses par le passé, sans l’accord du gouvernement. Ceci a provoqué des «frictions», mais, a-t-il admis, il n’y a jamais eu de conséquence, estime Mgr Ortega. Malgré le régime communiste, sur les onze millions d’habitants que compte l’île, 4,5 millions reconnaissent appartenir à l’Eglise catholique. (apic/kna/fm)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse