«Dominus Iesus»: 73 théologiens de 15 pays réagissent

Un document plus proche du " Syllabus " que de Vatican II

Madrid, 15 octobre 2000 (APIC) Le document «Dominus Iesus» continue de susciter des remous. Le journal espagnol «El Pais» vient de signaler l’existence d’un Manifeste publié par 73 théologiens de 15 pays – dont 43 Espagnols – qui contestent le contenu de la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Selon eux, le document du cardinal Ratzinger, préoccupant, est plus proche du «Syllabus» que de Vatican II.

Les signataires du document sont des théologiens et théologiennes, parmi lesquels figurent Hans Küng, Leonardo Boff, Jon Sobrino et Casiano Floristan, l’Américaine Ross Mary Radford-Ruether, la Colombienne Ana Maria Bidegain, et les Espagnols José María Castillo, José Maria Diaz-Alegria, Juan José Tamayo, Benjamin Forcano, Enrique Miret, José Maria Gonzalez Ruiz, José Ignacio Gonzalez-Faus, José Gomez Caffarena, Casimir Marti, Margarita Pintos et Maria Martinell.

Le «réductionnisme» de «Dominus Iesus» leur paraît «préoccupant». Selon eux, le style du document de cardinal Ratzinger est «plus proche du «Syllabus» de Pie IX que des documents du Concile Vatican II»

Les 73 théologiens et théologiennes trouvent en outre dans le texte du Vatican des expressions «offensantes» pour les croyants d’autres religions. Ils font allusion à l’affirmation de «Dominus Iesus» selon laquelle «certaines prières et certains rites des autres religions peuvent assumer un rôle de préparation évangélique, en tant qu’occasions ou enseignements encourageant le coeur des hommes à s’ouvrir à l’action divine», mais qu’»on ne peut cependant leur attribuer l’origine divine et l’efficacité salvifique ex opere operato qui sont propres aux sacrements chrétiens» (n. 21) ; et à l’affirmation selon laquelle «s’il est vrai que les adeptes d’autres religions peuvent recevoir la grâce divine, il n’est pas moins certain qu’objectivement ils se trouvent dans une situation de grave indigence par rapport à ceux qui, dans l’Eglise, ont la plénitude des moyens de salut» (n. 22).

Mauvaise interprétation

Les signataires du Manifeste considèrent qu’»une bonne partie du malaise provoqué par la Déclaration» tient à une mauvaise interprétation d’une affirmation du Vatican II. Ce Concile a déclaré que «l’unique Eglise de Christ subsiste dans l’Eglise catholique». Avant le Concile, on disait que «l’Eglise du Christ est l’Eglise catholique», sans nuance. La formulation du Concile Vatican II est plus qu’un simple changement de vocabulaire estiment les théologiens: ce Concile a voulu «éviter l’identification exclusive et excluante de l’Eglise de Christ à l’Eglise catholique». Donc, contrairement à la Déclaration du cardinal Ratzinger, les auteurs du Manifeste affirment: " Le fait que l’Eglise de Christ subsiste dans l’Eglise catholique n’exclut pas qu’elle subsiste aussi dans d’autres communautés chrétiennes».

Quant à l’accès de tous au salut, les signataires demandent: " Le salut n’est-il possible que lorsque la vérité est connue et possédée? La recherche de la vérité n’assure-t-elle pas le salut?» Et ils affirment: «Il aurait été plus juste (…) que la Déclaration invite à s’en remettre à la propre conscience personnelle et à la cohérence entre la vie et les croyances, même si elles ne sont pas chrétiennes». (apic/cip/pr)

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