Rome: «Nouvelle bioéthique chrétienne», un ouvrage du cardinal Tettamanzi

Du clonage humain à l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie

Rome, 17 octobre 2000 (APIC) Sous le titre une «Nouvelle bioéthique chrétienne», le cardinal Dionigi Tettamanzi a présenté lundi à Rome son nouveau livre, une mise à jour des précédents ouvrages. Le livre, de quelque 650 pages, abord les derniers sujets liés à la question de la bioéthique, avec un regard particulièrement sévère sur le problème du clonage humain. D’autres questions soulevées par les transplantations d’organes, la mort, l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie y sont posées, analysées.

Né en 1934, professeur de théologie morale au séminaire de Milan de 1959 à 1987, archevêque de Gênes depuis 1995, le cardinal Tettamanzi collabore fréquemment aux documents pontificaux touchant les questions liées à la famille et à la bioéthique, auxquelles il a dédier une quinzaine d’ouvrages.

Sa «Nouvelle bioéthique chrétienne» est donc une mise à jour de publications plus anciennes, complétée par une étude des derniers sujets soulevés en ces domaines, telles les nouvelles techniques génétiques. L’originalité de son livre, publié en italien et en anglais par les éditions italiennes Piemme, est qu’il est disponible sur internet (

, et, grâce à la collaboration de Microsoft, vendu également sous forme de livre électronique.

Clonage humain: une «terrible dérive»

Après une première partie consacrée aux fondements de la bioéthique, une seconde aborde les questions liées à la naissance: sexualité humaine et procréation responsable, stérilité, procréation médicalement assistée, interventions sur les embryons et avortement, diagnostic prénatal et clonage.

A propos du clonage, Mgr Tettamanzi rappelle par exemple les étapes du débat public soulevé sur la question à partir de février 1997, au moment de la naissance de la brebis Dolly. Il évoque l’annonce par le scientifique américain Richard Sheed de sa volonté de cloner l’être humain, en décembre 1997, et décrit les réactions que cela a suscité dans le monde. Il explique ensuite avec clarté en quoi cela consiste au plan scientifique, souligne que le clonage animal peut être «accepté à certaines conditions», et explique pourquoi le clonage humain, qu’il décrit comme une «terrible dérive», ne l’est pas.

Dans une troisième partie, l’archevêque de Gênes aborde la question de «l’avenir de la vie», en traitant de la souffrance des enfants, de l’état des hôpitaux, du vieillissement, du sida, du rôle des comités éthiques et des critères moraux devant être observés dans la gestion de l’économie.

Enfin, dans une quatrième partie, le cardinal Tettamanzi évoque les problèmes soulevés par les transplantations d’organes, la mort, l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie.

L’ouvrage se complète par une série de documents à caractère législatif: des recommandations adoptées par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, et des résolutions votées au Parlement européen, concernant par exemple la fécondation in vitro. Il s’accompagne également de références à des documents récents de caractère scientifique ou moral.

Défendre la vie, un devoir législatif de l’Etat

Pour le cardinal Tettamanzi enfin, cette «Nouvelle bioéthique chrétienne» s’adresse à un public plus large que celui des seuls chrétiens et catholiques. Il présente ainsi la défense de la vie comme faisant partie des «devoirs législatifs de l’Etat», et défend le droit à l’objection de conscience, pour les médecins tenus de pratiquer l’avortement, comme «un problème qui n’est pas nécessairement et exclusivement religieux, confessionnel, mais une question éthique et professionnelle».

Un amour passionné pour l’homme

«La communauté chrétienne doit avancer sans aucune peur sur la route de la recherche scientifique, a conclu l’archevêque de Gênes le 16 octobre, car Dieu a demandé à l’homme de dominer la terre». «L’homme doit donc aussi dominer la vie humaine, mais à la manière de Dieu, avec sagesse, intelligence et amour, a-t-il enchaîné. Il doit chercher sans cesse à approfondir sa connaissance de la réalité, mais avec comme critère un «amour passionné pour l’homme». Si l’Eglise s’exprime souvent avec des «non» dans les domaines de la bioéthique, c’est la traduction inévitable d’un «oui» à l’homme et à sa dignité». (apic/imed/pr)

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