Quand on touche à un lieu de culte, la barbarie n’est pas loin

France: Les Eglises chrétiennes en France dénoncent la destruction de lieux de culte

Paris, 18 octobre 2000 (APIC) Les troubles sanglants en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, à l’origine de dizaines d’agressions et attentats à coloration antisémites en France, ont suscité de nombreuses condamnations et réactions des responsables religieux. «France: Les Eglises chrétiennes en France dénoncent la destruction de lieux de culte. L’Histoire nous l’a suffisamment enseigné», écrivent ainsi mercredi dans un communiqué commun les responsables des Eglises chrétiennes en France.

Réagissant à la vague d’attentats contre les synagogues de ces derniers jours en France, les responsables chrétiens dénoncent la destruction de lieux de culte, un acte portant atteinte à la démocratie et aux plus profonds symboles de la foi et de la liberté religieuse.

Il est inévitable que l’opposition entre Israéliens et Palestiniens au Moyen-Orient ait des prolongements en France, chacun doit pouvoir y exprimer des solidarités ou des réticences. «Il n’est toutefois pas possible d’admettre que cette opposition s’exprime par la violence et, notamment, par la destruction de lieux de culte. On touche alors au symbole le plus profond de la foi et de la liberté d’exercice des religions, liberté garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen», souligne le communiqué commun signé par le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, Mgr Louis-Marie Billé, archevêque de Lyon, président de la Conférence des évêques de France, et Mgr Jérémie, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes.

Les Français auraient-ils si peu de mémoire ?

«La France est l’un des rares pays où se produisent de tels actes ces jours-ci. Comment cela se fait-il ? Comment les Français pourraient-ils le tolérer ? Auraient-ils si peu de mémoire ?», peut-on lire dans le message des responsables chrétiens. L’appel à rejeter la haine de l’autre et le sectarisme, lancé par les responsables des grandes religions, n’est pas seulement volonté de prendre du recul par rapport à la situation au Moyen-Orient, mais appel à un dialogue ouvert et tolérant, aussi respectueux de l’autre qu’il pourra être ferme. C’est là que se fonde une démocratie, concluent-ils.

Nombreux appels des communautés religieuses

La semaine dernière, dans une déclaration commune à propos du Moyen-Orient, le grand rabbin de France Joseph Sitruk, le recteur de l’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, le pasteur Jean-Arnold de Clermont et Mgr Louis-Marie Billé, mettaient en garde contre le risque que le conflit du Moyen-Orient ne s’étende. «Nous souhaitons exprimer notre inquiétude devant le climat de tension que ces événements peuvent engendrer en France même. Nous appelons l’ensemble de nos concitoyens à maintenir un climat de sérénité et d’apaisement afin d’éviter toute dérive.» Tous demandaient déjà aux Français de «refuser la haine de l’autre et le sectarisme».

Suite aux attentats contre les synagogues dans la région parisienne et à Lyon, les responsables des communautés religieuses chrétiennes, juives et musulmanes ont lancé plusieurs appels au dialogue et à la fraternité et demandé à leurs communautés respectives d’être «des artisans de paix et de sérénité». (apic/com/cef/snop/be)

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