Intervention du théologien allemand Mgr Walter Kasper

Rome: Ouverture du congrès missiologique international

Rome, 18 octobre 2000 (APIC) Le Congrès missiologique international s’est ouvert mardi 15 octobre à Rome. Jusqu’au 20 octobre, quelque 500 personnalités venues des cinq continents plancheront sur un certains nombre de thèmes, y compris sur le dernier document romain «Dominus Iesus. La session a été ouverte par Mgr Walter Kasper, théologien allemand et secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétien.

Plus de 500 personnes – parmi lesquels près de 270 théologiens du monde entier – participent à ce congrès, dans un amphithéâtre de l’Université pontificale de l’Urbanianum, sur la colline du Janicule qui surplombe le Vatican. Les interventions ont pour «point de référence essentiel» la récente déclaration «Dominus Iesus», et portent sur la réponse concrète à apporter à la question posée par le Christ à ses disciples dans l’Evangile: «Et vous, qui dites-vous que je suis?» dans le contexte actuel des différents continents.

Mgr Kasper a commencé par rappeler que «la mission de l’Eglise est universelle» et non pas liée à un pays, une culture, ou des systèmes politiques ou économiques particuliers. «A côté de cette universalité, il y a l’unité ou plutôt l’unicité du message de l’Eglise», a-t-il alors expliqué. «L’Eglise reconnaît un seul Seigneur, Jésus Christ. Il n’y a de salut qu’en son nom. Il est le seul médiateur entre Dieu et l’homme, le seul grand prêtre qui nous a rachetés une fois pour toutes».

«Par conséquent, a poursuivi le théologien, il ne peut y avoir qu’une seule vraie Eglise, qui est l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique». Cette Eglise, a-t-il précisé, «est unie dans la profession de foi commune dans le Seigneur Jésus Christ, dans la célébration des mêmes sacrements – spécialement celui de l’Eucharistie, sacrement de l’unité -, et dans le service de l’unité dans le collège des évêques, en union avec le successeur de Pierre».

Pour le secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, «il n’est pas surprenant qu’une large et amère discussion sur la question de l’unité et de l’unicité de Jésus-Christ se développe à la fois à l’intérieur du domaine de la théologie et en-dehors, vu cet accent fort qui est mis sur l’unité et l’unicité de Jésus-Christ et de son Eglise d’un côté, et la condition pluraliste du monde moderne et post-moderne de l’autre».

Identité du christianisme en jeu?

Dans une telle discussion, il arrive «que l’identité de la christianité et de l’Eglise soient en jeu», a fait remarquer Mgr Kasper, lorsque des théories de la pluralité des religions affirment «qu’il y a non seulement une diversité de religions, mais aussi une diversité de révélations», laissant supposer qu’il puisse y avoir d’autres médiateurs de salut que le Christ. «Il ne peut pas y avoir d’autre religion ou culture qui surpasse ou complète la voie du salut qui est dans le Christ», a alors affirmé le théologien allemand, même si «dans les religions non-chrétiennes aussi il y a des fragments de la vérité qui est apparue dans sa plénitude en Jésus-Christ une fois pour toutes». «Tout ce qui est vrai et bon dans les autres religions fait partie de ce qui est apparu dans sa plénitude en Jésus-Christ», a précisé Mgr Kasper. «Dieu, qui est le salut de tous les êtres humains, montre la voie du salut à ceux qui, sans qu’il en soit de leur faute, ne connaissent pas Jésus-Christ, mais, mûs par la grâce, s’efforcent dans leurs actions de faire la volonté de Dieu, telles qu’ils la connaissent à travers les inspirations de leur conscience».

«La proclamation de l’unité et de l’unicité de la voie chrétienne de salut n’est pas une thèse impérialiste qui domine ou opprime les autres religions», a alors assuré Mgr Kasper. La mission part au contraire du principe que «tout ce qui est bon et vrai dans les religions du genre humain trouve sa mesure dans Jésus Christ, et doit être soigneusement considéré par rapport à lui, purifié par lui, et porté à sa plénitude», a-t-il ajouté, en tenant compte du fait que le Christ «a renoncé à lui-même pour se mettre au service de tous».

En vue de la Journée missionnaire mondiale

«Comprise de cette manière, a conclu Mgr Kasper, la foi chrétienne, précisément dans la proclamation de son universalité que tant de personnes trouvent inadmissible, se trouve la base de la tolérance mutuelle, du respect, de la communication, des échanges, de la compréhension, de la réconciliation et de la paix». «La mission est au service de cette paix, paix avec Dieu et paix parmi les nations».

Outre ce congrès théologique sur la mission, un autre «Congrès missionnaire mondial» a commencé le 18 octobre à Castelgandolfo, organisé par la Congrégation pour l’évangélisation des peuples avec les Oeuvres pontificales missionnaires du monde entier, dans un esprit cette fois plus pastoral. Il rassemble jusqu’au 21 octobre 1’200 délégués dont 47 évêques et plus de 300 prêtres. Le 22 octobre, enfin, sera célébrée la journée missionnaire mondiale, pour laquelle Jean Paul II présidera une messe solennelle sur la Place Saint-Pierre. (apic/imed/pr)

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