Ils ont été les meilleurs gardiens de la terre, plaide Mgr Claver

Philippines: La terre doit être restituée aux indigènes

Manille, 19 octobre 2000 (APIC) Restituer la terre: c’est le cri des agriculteurs pauvres qui, aux Philippines, attendent toujours que soit réalisée la réforme agraire. C’est le cri aussi de Mgr Francisco Claver, jésuite, évêque émérite de Malaybalay, aujourd’hui vicaire apostolique de Bontoc-Lagawe.

Pour le prélat, qui est anthropologue – et lui-même indigène (il appartient à la tribu des Bontoc), l’Eglise et la société civile doivent faire pression sur les politiques.

Aux Philippines, les indigènes sont environ 12 millions, répartis en 110 groupes ethniques différents, et ils demandent, mais jusqu’ici en vain, que le droit à la possession de leurs terres leur soit restitué, ainsi que certaines formes d’autonomie garanties par l’Etat. Mgr Claver, se faisant l’interprète de ces exigences, souligne qu’aujourd’hui que l’enjeu est encore plus important. Les peuples indigènes « ont été les meilleurs et les plus consciencieux gardiens de la terre; actuellement, ils risquent de perdre la terre qu’ils ont assidûment cultivée et gardée », déclare-t-il.

Que faire? « Nous sommes la société civile, nous devons agir », répond l’évêque, car l’Etat, bien qu’ayant en théorie tout le pouvoir, est miné par la corruption et « il utilise le bien commun pour les objectifs privés du petit nombre d’individus qui commandent ». « Tout le monde connaît la corruption, dit-il, car on en paie les conséquences sans s’y opposer. Le moment est venu de passer à l’action ».

La collaboration avec les peuples indigènes est fondamentale, conclut l’évêque, car « ils ont bien des choses à nous enseigner ». (apic/cip/pr)

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