«Religieux, parlez avec courage et prophétie»
Jérusalem, 19 octobre 2000 (APIC) Le Conseil de Coordination Inter-religieuse d’Israël (ICCI) a interpellé les chefs religieux et politiques d’Israël pour que cessent les violences et reprennent les négociations de paix. L’ICCI, qui réunit 67 organisations juives, chrétiennes et musulmanes qui œuvrent pour la compréhension religieuse et culturelle réciproque entre les différentes composantes de la société israélienne, a organisé mercredi un rassemblement de prière pour la paix réunissant juifs, chrétiens et musulmans à l’Institut œcuménique de Tantur, aux portes de Jérusalem.
Ron Kronish, directeur de l’ICCI, a précisé que ce rassemblement de prière est un geste symbolique pour la paix et qu’il a notamment pour but de lancer un message différent de la violence qui est quotidiennement montrée dans les médias. «Nous aimerions montrer au monde que tout le monde ne pense pas que la catastrophe est au-dessus de nous», a souligné Kronish. Le Père Michael McGarry, recteur de l’Institut œcuménique de Tantur, situé entre Jérusalem et Bethléem, a offert de recevoir le rassemblement parce que l’endroit, qui appartient au Vatican, est souvent considéré comme un terrain neutre.
Cesser la rhétorique de la haine
«En tant qu’hommes et femmes de foi, fidèles des trois religions monothéistes présentes en Israël – judaïsme, christianisme et islam – , nous adressons cet appel aux chefs politiques et religieux des belligérants, en raison de notre inquiétude croissante quant à la spirale de violence en Israël et en Palestine, qui laisse derrière elle toujours plus de morts et de blessés», écrit l’ICCI.
Le Conseil de Coordination Inter-religieuse s’adresse avant tout aux chefs religieux des communautés juives, chrétiennes et musulmanes, à tous les niveaux, afin qu’ils élèvent la voix «pour le salut et la paix» et qu’ils parlent prophétiquement et courageusement à leurs fidèles afin de leur inculquer les valeurs de la vérité, de la justice et de l’amour pour les semblables. L’ICCI, qui plaide pour la pratique de la réconciliation, demande aux chefs religieux de condamner fermement la pratique des provocations rhétoriques, de la vengeance et de la violence, dirigées contre les êtres humains et les lieux saints de toutes les religions.
Faire des gestes concrets de réconciliation
Le Conseil considère qu’il est absolument nécessaire de renforcer la conviction essentielle selon laquelle tout être humain est créé à l’image de Dieu et qu’il a le droit de vivre et d’exprimer de la sympathie et de l’empathie pour les proches des morts des deux camps, en exprimant ses condoléances aux familles palestiniennes et israéliennes qui ont perdu des êtres chers dans des affrontements tragiques. L’ICCI demande également que l’on souhaite un prompt rétablissement à ceux qui ont été blessés et luttent dans les hôpitaux entre la vie et la mort. Il s’agit aussi d’empêcher que les conflits territoriaux ne se transforment pas en guerres de religion. «Pour atteindre la paix, les ennemis doivent arrêter de s’accuser réciproquement et respecter les accords déjà signés», lance l’ICCI. (apic/fides/jpost/be)
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