APIC – Dossier
La Mission n’est pas finie
Rome, 20 octobre 2000 (APIC) Comme chaque année, le mois d’octobre est consacré à la mission dans le monde. La Dimanche de la Mission aura lieu le 22 octobre. La Suisse, par exemple, portera son regard sur le Tchad. Ailleurs dans le monde, des projets sont soutenus grâce aux OPM. L’occasion de rappeler et de soutenir les missionnaires aux quatre coins du monde, dans leur œuvre d’évangélisation, mais aussi dans leur soutien au développement à travers nombre de réalisations. Notre dossier, avec, notamment, l’intervention du cardinal Etchegaray, lors du Congrès missionnaire mondial, qui se tient du 18 au 21 octobre à Castelgandolfo, ainsi que l’interview de Mgr Bernard Prince, secrétaire Général de l’Oeuvre pontificale de la propagation de la foi.
«Présenter le Christ comme le seul sauveur de l’humanité n’est pas faire preuve d’un prosélytisme intolérable ou de mépris pour les religions non chrétiennes», a déclaré le cardinal Roger Etchegaray, président du Comité central pour le grand jubilé, lors du Congrès missionnaire mondial qui se tient à Castelgandolfo au sud de Rome du 18 au 21 octobre, sur le thème «Jésus, source de vie pour tous».
Intervenant devant près de 1400 délégués – une cinquantaine d’évêques, 300 prêtres, et des religieux, religieuses et laïcs de 108 pays – le cardinal Etchegaray a évoqué le Congrès missionnaire du jubilé de 1950, auquel il avait lui-même participé en tant que rapporteur, alors qu’il était jeune prêtre.
Idée missionnaire rétrécie et déformée
«Depuis, l’idée missionnaire a été soumise par certains à toutes sortes de lavages qui l’ont parfois rétrécie, voire déformée», a déclaré le cardinal, qui défend pour sa part une idée «primitive, biblique et prosaïque» de la mission. «Certes, la mission d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier, a-t-il reconnu toutefois. Elle s’est dépouillée de tout ce qui lui donnait parfois une allure conquérante ou romantique. Mais à côté des concentrations urbaines qui nivellent les cultures et estompent les religions traditionnelles, il subsiste de par le monde de grands espaces où le message du Christ peut encore retentir dans sa fraîcheur originelle, portée par la voix de vrais missionnaires».
«Présenter le Christ comme le seul Sauveur de l’humanité, est-ce faire preuve d’un prosélytisme intolérable ou de mépris pour les religions non chrétiennes? a alors demandé le cardinal français. Substituer le développement à l’évangélisation pour n’envoyer au tiers monde que des techniciens, n’est-ce pas se résigner à avoir des ’missions sans missionnaires?»
Côté festif
Pour le cardinal Etchegaray donc, la mission n’est pas finie. «Ce n’est pas l’enthousiasme ni le désintéressement des jeunes qui font défaut, affirme-t-il, mais on ne leur a pas souvent laissé entrevoir tout l’enjeu du salut en Jésus-Christ».
Au cours de ce congrès, qui comprend par ailleurs des moments festifs – danses indiennes et chants africains -, plusieurs responsables missionnaires ont fait part de leurs expériences dans les différents continents.
Parmi eux, Mgr Philippe Ouedraogo, évêque de Ouahigouya au Burkina Faso, se présente lui-même comme «évêque missionnaire». Soulignant que son pays fête cette année les 100 ans de son évangélisation, il a expliqué que les diocèses du Burkina Faso s’efforcent de mettre des prêtres à la disposition des missions, notamment pour le Niger. D’autres prêtres, a-t-il précisé, étudient les langues, l’histoire et les coutumes des tribus des quelque 800’000 nomades du pays qui ne sont «pas encore touchés par la foi chrétienne». (apic/imed/bb/pr)
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