Mgr Bernard Prince: quel sens donner au financement de la mission

Mgr Bernard Prince, Secrétaire Général de l’Oeuvre Pontificale de la Propagation de la Foi, préside le comité de préparation du Congrès missionnaire mondial. Dans une interview accordée à l’agence « Fides », il affirme que dans le domaine de la mission, l’animation et l’information passent avant la récolte de fonds.

« Il n’existe pas une histoire spécifique des Congrès Missionnaires Mondiaux », précise Mgr Prince, précisant qu’il y a eu des congrès missionnaires dans plusieurs continents. C’est suite à celui qui s’est tenu en Amérique latine, pour les deux Amériques, que le Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples a proposé la tenue d’un congrès européen ou mondial. Pour Mgr Prince, celui qui se déroule actuellement à Rome a pour but de faire prendre conscience à un plus grand nombre de fidèles de leurs responsabilités dans la Mission de l’Eglise.

Q: Habituellement, quand on parle de Mission, on pense à la collecte de fonds. En revanche, le Congrès Missionnaire Mondial se fonde sur la formation, sur l’annonce de Jésus-Christ, sur la conscience de la rencontre du Christ avec les cultures…

B. Prince: Nous ne pouvons pas attendre une aide matérielle pour les missions, sans animation missionnaire, sans donner des informations sur les missions, sans une formation théologique sur le mandat du Christ d’aller jusqu’aux extrémités de la terre pour apporter le message évangélique. Le but principal des Oeuvres Pontificales Missionnaires est l’animation missionnaire: de celle-ci naît l’apport matériel, que ce soit à l’occasion de la Journée Mondiale des Missions, ou en d’autres occasions.

Q: Qui fait, dans la pratique, l’animation missionnaire?

B. Prince: Il existe un réseau mondial constitué de 115 Directeurs Nationaux. Puis, dans chaque diocèse, on nomme un prêtre chargé de l’animation missionnaire et des Oeuvres Pontificales Missionnaires. Dans les diocèses, dans les paroisses, dans les Instituts religieux, par l’intermédiaire de l’Union Missionnaire du Clergé et des Personnes consacrées, on réalise ainsi une animation capillaire.

Q: Y a-t-il une croissance ou une diminution des aides en faveur des Missions?

B. Prince: Il y a en général une croissance dans les aides. Chaque année, nous enregistrons un petit pourcentage d’augmentation. Toutefois, les besoins des missions sont énormes, et plus spécialement dans les Eglises d’Afrique et d’Asie, des pays pauvres en général. Malgréé l’augmentation des aides, nous ne pouvons jamais arriver à satisfaire toutes les demandes en provenance de ces pays. Mais, malgré leur pauvreté, elles apportent elles-mêmes leur contribution au Fonds universel.

Q: Quel est, en moyenne, le montant des aides distribuées chaque année?

Au cours des 5 ou 6 dernières années, l’Oeuvre Pontificale de la Propagation de la Foi a distribué environ 150 millions de dollars américains (278 millions de francs suisses), l’Oeuvre de Saint-Pierre Apôtre une somme de 40 millions de dollars (74 millions de francs suisses) pour les séminaristes et pour le clergé indigène; et l’Enfance Missionnaire, 15 millions de dollars (27,8 millions de francs suisses).

Q: Ces aides proviennent aussi bien des Pays riches que des Pays pauvres…

B. Prince: Tous les pays font une quête le dimanche de la Journée Mondiale des Missions. Et puis, il y a de nombreuses autres initiatives, comme les demandes publiées dans les revues, les legs et les testaments. Plus spécialement, en Amérique du Nordet en Europe, plus de la moitié des offrandes proviennent de ces testaments. Les gens sont très généreux. De nombreuses personnes apportent leur contribution avec une somme mensuelle prélevée sur leur compte bancaire ou sur leur carte de crédit. Aujourd’hui, il y a tellement de possibilités diverses.

Q: La collecte organisée par l’Oeuvre de la Propagation de la Foi, et la distribution des subsides sur la base des demandes, ne sont-elles pas aujourd’hui une forme trop désuète par rapport à l’évolution continue de l’économie internationale?

B. Prince: Peut-être bien! Mais, pour nous, c’est déjà assez compliqué ainsi. Dès le début, les fondateurs de ces Oeuvres ont toujours eu comme règle de vider les caisses chaque année; et nous le faisons régulièrement. Tous les pays contribuent au Fonds Universel, selon leurs possibilités. Sur la base des demandes et des fonds disponibles, on attribue les différents subsides. La chose importante c’est que les gens sachent que tout l’argent est donné chaque année aux missions, sans qu’il y ait aucun investissement de notre part.

Q: Les sommes ne restent donc pas dans la Caisse des Diocèses…

B. Prince: Non, du moins nous l’espérons. C’est là un point important, et nous le rappelons sans cesse: la collecte tout entière doit être versée aux Oeuvres. Les diocèses, chaque évêque, chaque paroisse, ni personne n’a le droit d’en prendre une partie. Les documents pontificaux déclarent que les efforts spirituels et matériels de la Journée des Missions doivent être entièrement versés pour les missions. (apic/fides/bb)

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