Ne pas réduire la mission au développement humain
Rome, 22 octobre 2000 (APIC) C’est sous le titre «Dominus Iesus: un document pour la mission» que le secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Mgr Marcello Zago, commente le document controversé du cardinal Ratzinger. Dans une réflexion à l’occasion de la Journée mondiale des missions célébrée le 22 octobre, publiée dans la dernière édition de «L’Osservatore Romano», Mgr Zago revient sur la récente déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Pour lui, les réactions critiques suscité par le document romain sont hâtives et souvent inexactes.
Mgr Zago estime que cette déclaration, en réaffirmant «la certitude de la volonté salvifique universelle de Dieu», ne ralentit pas mais au contraire confirme l’engagement de la mission pour le dialogue interreligieux. A ce propos, estime-t-il, «le document a suscité des réactions hâtives et souvent non seulement inexactes, mais contraires au sens même du texte». Le dialogue interreligieux, explique-t-il, est en effet une «forme d’expression» de la «dynamique salvifique», dans laquelle s’insère l’activité missionnaire.
Pour le secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, toutefois, c’est «la conscience de contribuer au salut des âmes» qui a été la motivation essentielle de l’œuvre missionnaire au cours de l’histoire, qui l’a soutenue malgré les difficultés, et qui reste aujourd’hui encore au centre de l’activité missionnaire.
Des secteurs de l’Eglise trop focalisés sur la transformation sociale et la libération
Mgr Zago déplore donc que dans certains secteurs on ait «réduit la mission au développement humain ou à la transformation sociale, en se basant aussi sur une théologie focalisée sur la libération», ou que l’on veuille la réduire au dialogue interreligieux. Pour l’archevêque en effet, le témoignage, l’annonce, le dialogue, la promotion humaine et l’inculturation sont diverses activités de la mission. D’une part, il ne faut pas «se contenter d’en exercer une», et d’autre part, il faut donner la priorité à «l’annonce du salut et de la conversion au Seigneur Jésus».
Dans son commentaire enfin, le secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples reconnaît que «dans certaines circonstances l’annonce est difficile ou impossible». Il considère pourtant que la reconnaissance de sa priorité, d’une part aidera à ne pas l’oublier dans la multiplicité des autres engagements, et d’autre part rappellera «le droit humain» de la liberté de témoigner de sa propre foi. (apic/imedia/be)
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