Genève: Intervention du Saint-Siège auprès de l’Onu sur la situation au Moyen-Orient
Genève, 22 octobre 2000 (APIC) Les événements qui endeuillent le Moyen-Orient montrent, avec leur extrême gravité, l’urgence d’un engagement persévérant en faveur du respect des droits de l’homme, et rappellent que leur violation peut entraîner une série de violences, souvent incontrôlables, a rappelé Mgr Giuseppe Bertello. L’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU à Genève a souligné le droit des Palestiniens à avoir leur propre Etat et des Israéliens à jouir de la sécurité.
Dans son intervention lors de la cinquième session de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, consacrée la semaine dernière au conflit du Moyen-Orient, Mgr Bertello a déploré au nom du Saint-Siège l’absence du respect de certains droits fondamentaux, tels que le droit à avoir un Etat et un gouvernement indépendants, ainsi que les droits à la sécurité et à la libre expression de sa propre culture et de son histoire.
Le pape a déploré les conditions de vie dégradantes des réfugiés palestiniens
Les Israéliens et Palestiniens ont besoin de voir reconnus leurs droits: l’un à jouir de conditions de vie sûres et pacifiques, l’autre à avoir une terre et la possibilité de se gouverner et de vivre en harmonie et tranquillité avec ses voisins, a poursuivi le représentant du Saint-Siège. Mgr Bertello a rappelé alors la visite de Jean Paul II au camp de réfugiés palestiniens de Dheisheh, près de Bethléem, lors de son voyage en Terre Sainte au mois de mars 2000. Pour le représentant du Saint-Siège, les paroles prononcées à l’époque par le pape, qui déplorait les conditions de vie dégradantes des réfugiés palestiniens, sont aujourd’hui d’une actualité brûlante. Jean Paul II avait alors fait appel aux dirigeants du Moyen-Orient et à la communauté internationale pour qu’ils agissent en faveur de ces réfugiés.
Tant qu’un peuple ne pourra pas jouir de ses droits inaliénables, il y a aura toujours des situations de tensions, a affirmé pour sa part Mgr Bertello. « La paix ne sera vraie et durable que si elle est fondée sur le droit international, la justice et le respect des droits de tous ».
Un responsable religieux palestinien accuse Israël de pratiquer le « nettoyage ethnique »
L’archimandrite Theodosios Hanna, du Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, a pour sa part accusé Israël de pratiquer « le nettoyage ethnique » contre les Palestiniens, et a lancé un appel à la solidarité des chrétiens et des Eglises à travers le monde. « Les chrétiens palestiniens souffrent, parce qu’ils sont Palestiniens et qu’ils veulent rester dans leur patrie en Palestine », a déclaré au siège du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève le responsable religieux palestinien. « Le peuple palestinien devrait bénéficier des droits de toute autre nation et de son indépendance dans son propre Etat, dont la capitale est Jérusalem. »
L’archimandrite Theodosios représentait le patriarche grec-orthodoxe Diodoros de Jérusalem au sein d’une délégation oecuménique palestinienne invitée par le COE à Genève à l’occasion de la réunion de la Commission des droits de l’homme de l’ONU sur la crise du Moyen-Orient. La délégation comprenait aussi l’évêque Riah Abu El-Assal, de l’Eglise épiscopale de Jérusalem et du Moyen-Orient, et Marwan Bishara, écrivain et journaliste de Nazareth, chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris. Trois autres personnalités chrétiennes palestiniennes invitées à Genève ont été empêchées en raison de la fermeture par les militaires israéliens des territoires palestiniens.
Déclaration du Conseil œcuménique des Eglises
Dans une déclaration transmise à la Commission des droits de l’homme, la Commission des Eglises pour les affaires internationales du COE écrit que les événements qui ont suivi « la visite provocatrice » du leader de la droite israélienne Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées – le Haram Al-Sharif – « ont montré une fois de plus que la conséquence de ce mépris répété du droit international, des violations systématiques des droits de l’homme, est l’incitation à la violence et le refus de la paix et de la sécurité pour les deux peuples. »
Le processus de paix en fin de course
Interviewé par l’agence œcuménique ENI, Marwan Bishara a averti que le processus de paix lancé par les accords d’Oslo de 1993 entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine était « en fin de course ». « Oubliez Oslo. Oslo est mort. Le processus de paix de ces sept dernières années n’a pas apporté aux Palestiniens un meilleur niveau de vie, ni l’accès à l’éducation, aux soins de santé, au marché de l’emploi…. Rien de tout cela n’a été amélioré ces sept dernières années. En fait, selon les chiffres et les données de la Banque mondiale, le chômage a augmenté et le Produit intérieur brut (PIB) a chuté. »
L’idée d’un processus de paix comme processus lent et progressif « ne marche plus », a conclu Marwan Bishara. « Il est maintenant essentiel que les parties s’acheminent vers une séparation physique, géographique, et, ce qui est le plus important, juridique, entre deux Etats souverains et indépendants. C’est la seule façon de faire cesser la violence. » (apic/imedia/eni/be)
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