Pérou: La Conférence des évêques inquiète du retour de Montesinos
Lima, 26 octobre 2000 (APIC) Le retour au Pérou de Vladimiro Montesinos, encore et toujours soutenu par le président Alberto Fujimori, inquiète également la Conférence des évêques péruviens.
La situation chaotique, rendue plus pesante avec le retour du Panama, près d’un mois après sa fuite de Lima, du «Raspoutine» et ex(?)-conseiller du président Fujimori, s’est encore aggravée avec l’interruption des pourparlers menés par l’OEA. Les parties en présence tentent de parvenir à une transition démocratique jusqu’aux élections prévues en mars 2001. Celles-ci ont été programmées suite au renoncement de Fujimori d’aller au terme de son mandat de 5 ans, après son élection controversée de 1999 et sa prise de pouvoir houleuse en juillet 2000, pour un 3e mandat consécutif.
Exprimant sa tristesse et sa préoccupation pour la nouvelle interruption des pourparlers à la table de négociations dirigée par l’OEA (l’Organisation des Etats d’Amérique), le secrétaire général de la Conférence épiscopale du Pérou Mgr Miguel Irízar a soutenu qu’on ne peut plus ajourner un processus de concertation qui nécessite d’urgence des conclusions définitives.
Mgr Irízar ajoute que la présence du conseiller présidentiel Vladimiro Montesinos au Pérou porte préjudice à la tranquillité et à la sérénité du pays du fait qu’il est «un élément perturbateur, tant pour les civils que pour les militaires».
«Plus tôt nous nous défaisons de cette présence nocive pour le Pérou – je ne sais pas par quels procédés, mais en respectant toujours la personne et son droit à la défense – mieux ce sera», a-t-il dit, avant de s’étonner du traitement singulier de faveur dont jouit encore Montesinos.
Gouvernement de transition réclamé par Toledo
Montesinos a quitté abruptement le Panama dimanche après une décision de la Commission interaméricaine des droits humains avisant les Etats membres de l’OEA du sens de l’asile politique et de ses restrictions. Après une escale rapide à Guayaquil, en Equateur, l’avion affrété par un membre du corps diplomatique péruvien à Panama a atterri à l’aéroport de Pisco, au sud de Lima. Montesinos a accordé hier une entrevue radiophonique depuis «sa clandestinité».
Montesinos y soutient notamment que sa présence au Pérou «contribue au processus de démocratisation et de réconciliation nationale».
Quant à l’opposition, toujours emmenée par Alejandro Toledo, elle réclame au plus vite un gouvernement de transition. Et menace de se retirer définitivement de la table de négociations avec l’OEA si «aucun résultat concret n’est obtenu». (apic/pb/pr)
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