Suisse: Coordination interdiocésaine 2000 des conseils pastoraux diocésains et cantonaux
Par Bernard Bovigny, de l’APIC
Morges, 29 octobre 2000 (APIC) Les représentants des conseils pastoraux diocésains et cantonaux s’engagent à rendre encore plus visible et à faire reconnaître le travail des bénévoles, sans qui, « la vie de l’Eglise s’effondrerait ». C’est ce qu’ils écrivent dans le communiqué final de leur 16e assemblée annuelle, tenue les 27 et 28 octobre à Morges. La Coordination interdiocésaine a traité du bénévolat, en préparation de l’année 2001, proclamée « Année internationale des volontaires » par l’ONU.
Une vingtaine de représentants des conseils pastoraux diocésains et cantonaux ont participé les 27 et 28 octobre au Centre « La Longeraie » à Morges à la séance annuelle de leur coordination interdiocésaine. Ils ont accueilli l’ancienne conseillère nationale Judith Stamm, présidente du comité suisse pour l »’Année internationale des volontaires », qui a présenté les projets lancés l’année prochaine en Suisse.
« Plus que jamais, le travail bénévole est d’actualité: un quart de la population suisse exerce d’ores et déjà une telle activité, et un autre quart se déclare disposé à le faire. Les institutions ont toujours plus besoin de volontaires et souhaitent tirer parti de tous les potentiels disponibles », a souligné Judith Stamm, qui présente l’activité des bénévoles comme « le ciment de notre société ». Le comité suisse pour l’ »Année internationale des volontaires » s’est même demandé s’il ne voulait pas appeler les bénévoles à la grève durant l’année 2001, afin de montrer que rien ne pourrait fonctionner sans eux, mais il a finalement abandonné cette idée.
Les membres de la Coordination interdiocésaine ont entendu 5 sur 5 le message de l’ancienne conseillère nationale lucernoise, en adoptant les principales propositions exprimées par le comité suisse, à savoir rendre encore plus visible et reconnaître le travail des bénévoles. Plus concrètement, ils demanderont aux communautés paroissiales et institutions catholiques d’effectuer un « bilan social » des activités bénévoles, en vue de les faire connaître. Afin de prévenir les conflits, les délégués proposeront également d’établir avec davantage de précision les compétences demandées pour l’accomplissement d’activités bénévoles et de mettre en place les formations rendues alors nécessaires. « Sans les collaborateurs bénévoles, la vie de l’Eglise s’effondrerait », soulignent également les délégués dans leur communiqué final.
Difficultés du travail bénévole
Les partages d’expérience des représentants des conseils pastoraux, le premier jour de l’assemblée, ont permis de cerner certaines difficultés dans la collaboration entre les agents pastoraux, prêtres et laïcs, et les collaborateurs bénévoles. Certains délégués ont souligné que le travail des bénévoles n’était pas apprécié à sa juste valeur.
« Il faut trouver un chemin de complémentarité entre agents pastoraux et bénévoles, afin de se sentir sur un même pied d’égalité », a demandé Catherine Menoud, présidente du conseil pastoral fribourgeois. La vaudoise Françoise Merlo, pour sa part, a mis en évidence le fait qu’on retrouve le même type de conflit de pouvoir entre bénévoles et professionnels qu’entre prêtres et laïcs. « Et pourtant, les agents pastoraux donnent aussi volontairement une bonne part de leur temps », a-t-elle souligné.
Plusieurs délégués des petits cantons, comme ceux de Zoug et du Jura, ou de régions aux moyens financiers limités, comme Genève, relèvent que leurs paroisses sont obligées de fonctionner avec un maximum de volontaires car elles n’ont pas les moyens de salarier davantage d’agents pastoraux. « Nous avons seulement 50 postes rémunérés pour près de 200’000 catholiques, relève le représentant du conseil pastoral genevois Albert Georges, le bénévolat constitue donc une clause d’urgence et de nécessité ».
Le représentant du diocèse de St-Gall, Franz Hediger, propose même de faire apparaître le travail des bénévoles au bilan financier des paroisses, afin de le considérer comme une forme de gain.
Catéchèse: 90% de femmes
Michel Racloz, animateur pastoral sur Vaud, a présenté la situation du bénévolat dans l’Eglise catholique de son canton. Une enquête effectuée par la Fédération des paroisses du canton de Vaud a permis de recenser quelque 9’879 bénévoles dans les communautés paroissiales et les missions linguistiques. Près de 36% parmi eux sont engagés dans la catéchèse, dont 90% de femmes. La plupart des autres secteurs pastoraux regroupent également une forte majorité de femmes parmi les bénévoles.
Les autorités de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud ont pris l’option, déjà en 1995, d’offrir un accompagnement soutenu aux volontaires et de confier les paroisses à des équipes d’animation pastorale, formées de prêtres, d’agents pastoraux laïcs et de bénévoles.
Bonus AVS et déduction fiscale
En lien avec la reconnaissance du bénévolat, Judith Stamm a affirmé que certains thèmes récurrents seront abordés de façon plus concrète durant l’année 2001. A diverses reprises, et notamment lors de la 10e révision de l’AVS, il a été proposé d’accorder un bonus AVS aux personnes effectuant une activité bénévole. « Le parlement avait alors craint que ce paquet de foin fasse tomber l’ensemble du char », relève Judith Stamm.
Une réduction fiscale appliquée à certains types d’engagement volontaire sera également à l’ordre du jour. « Si vous effectuez un don en espèces à un organisme reconnu, vous pouvez déduire le montant dans votre déclaration fiscale. Mais si vous donnez de votre temps, ça n’entre pas en question », déplore la présidente du comité suisse pour l’ »Année internationale des volontaires ». Elle admet cependant qu’une telle déduction fiscale ne sera pas facile à mettre en application, la notion du bénévolat touche en effet un vaste faisceau. Il concerne aussi bien l’entraîneur de la section junior d’un club de football que la visiteuse dans un home ou la catéchiste.
Judith Stamm espère enfin que durant cette année 2001, un dialogue s’instaure entre professionnels et bénévoles, afin que chacun trouve sa place. Par une campagne d’information et de promotion, son comité cherchera à motiver toujours davantage de personnes vers une activité volontaire.
Près de 2 millions de bénévoles sur Zurich
Dans une étude commandée par la Conférence des évêques suisses en 1995, L’Institut suisse de sociologie pastorale, basé à St-Gall, avait avancé certains chiffres démontrant que le travail bénévole représente une immense part de l’activité de l’Eglise. Pour le seul canton de Zurich, 860’000 heures de travail du côté catholique et 1,1 million du côté protestant étaient effectuées annuellement par des bénévoles, ce qui représentait près de 1’000 postes de travail plein-temps et une économie de 30 à 40 millions de francs. « Ces chiffres donnent une idée ce que représente le travail bénévole, mais ils doivent être utilisés avec prudence, car ils touchent une réalité difficile à cerner », tient cependant à préciser Rita Wick, une des auteurs de l’étude.
La tendance actuelle va vers une meilleure structuration du travail bénévole, mais pas forcément vers une hausse des engagements, souligne-t-on dans de nombreuses paroisses suisses. De plus en plus de femmes, lesquelles forment le plus gros peloton des bénévoles, cherchent d’abord à trouver une activité professionnelle rémunérée. (apic/bb)
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