21e anniversaire de la mort de John Bradburne

Zimbabwe: L’ami des lépreux sera-t-il le premier saint du Zimbabwe?

Harare, 4 septembre 2000 (APIC) Etre au service des lépreux, mourir martyr et être enseveli avec l’habit franciscain: telles étaient les ambitions d’un laïc anglais original, qui pourrait bien devenir le premier saint du Zimbabwe.

Converti au catholicisme, John Bradburne a passé dix ans à soigner les lépreux dans ce qui était alors la Rhodésie. Il a été tué par des rebelles à l’âge de 58 ans, le 5 septembre 1979 au Zimbabwe, non loin de l’endroit où il vivait.

Chaque année, le jour anniversaire de sa mort est marqué par un pèlerinage. Le 5 septembre 1999, plus de 50’000 personnes s’étaient rendues à l’endroit où se trouve toujours son refuge, à l’est de Harare. L’archidiocèse de Harare a chargé un Franciscain, le Père Pascal Slevin, de mener l’enquête préliminaire sur la vie de cet «étrange vagabond» qui a beaucoup voyagé avant d’arriver à ce qu’il a appelé lui-même «la fin de son voyage»: la colonie de lépreux de Mutemwa, non loin de Harare. «C’était un homme extraordinaire. Sa vie entière était une prière», dit le Père Slevin, qui a vécu avec John Bradburne pendant neuf mois en 1962.De nombreuses personnes, convaincues que John Bradburne les a aidées, ont été l’objet de grâces particulières après sa mort.

La vie d’un homme dévoué

John Bradburne naît en Angleterre en 1921. Son père est curé d’une paroisse anglicane. John fait son service militaire au Myanmar (Birmanie), et en Malaisie, travaille comme garde forestier et enseigne ensuite dans une école. En 1947, il devient catholique, poussé par le désir «d’être assuré de son salut».

D’après la biographie écrite en 1942 par John Dove, «Un étrange vagabond de Dieu», John a une apparition de la Sainte Vierge alors qu’il est soldat dans la jungle. Il décide de commencer son nouveau chemin de foi vers la vie religieuse. Il entreprend un pèlerinage en Terre Sainte, à Chypre, puis aide le sacristain de la cathédrale de Westminster à Londres.

Il prend ensuite contact avec le Père Dove, qui travaille en Rhodésie. Pendant sept ans, il est laïc missionnaire et l’aide à fonder un Centre de Mission. Il entre dans le Tiers-Ordre Franciscain à Assise, et retourne finalement en Afrique pour se consacrer aux lépreux.

John s’occupe de ces malades, abandonnés de tous, avec un dévouement extraordinaire, «parvenant même à les faire sourire» raconte le Père Dove. Parfois, il revêt l’habit franciscain, mais il ressemble habituellement plus à un «hippy», avec ses cheveux longs et sa barbe. Les lépreux l’aiment, et il devient célèbre très rapidement. Mais son travail lui vaut aussi des inimitiés.

Une mort mystérieuse

A cette époque, le gouvernement de Jan Smith, reposant sur l’apartheid, combat les rebelles marxistes soutenus par l’Union soviétique et par la Chine. Les rebelles, attaqués par Bradburne parce qu’ils avaient commis des vols chez les lépreux, l’accusent d’être un espion. En 1979, ils l’enlèvent et, le 5 septembre, après l’avoir retenu comme otage pendant quelques jours, l’abattent.

La dévotion envers John Bradburne se développe dans les années qui suivent. D’après le Père Dove, de nombreuses guérisons obtenues sont des miracles; mais il ne reste pas beaucoup de témoins.

L’histoire de sa mort a été écrite par des prêtres et des laïcs. Quand Bradburne a été tué, les indigènes ont voulu cacher son corps par peur de représailles des forces de sécurité des Blancs. Alors qu’ils l’emportaient, raconte-t-on, ils entendirent le chant d’un chœur et laissèrent tomber le corps. Etonnés, ils virent alors un être blanc avec des ailes se pencher sur le corps, et des rayons en sortir en direction du ciel.

Rome: Le pape Jean Paul II est revenu lundi sur la figure controversée de Pie IX

Un pape victime «d’accusations, d’attaques et de calomnies»

Rome, 4 septembre 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II est revenu lundi sur la figure controversée de son prédécesseur Pie IX, au lendemain de sa béatification. Il n’a pas personnellement réagi aux attaques contre cette béatification venant d’Israël et du monde juif. Dans les sphères du Vatican, on ne comprend cependant pas les critiques et les «profonds regrets» du rabbin et ministre israélien Michael Melchior et les accusations d’»antisémitisme» à l’encontre du pape Pie IX.

Le ministre israélien Michael Melchior a certes salué la béatification du pape Jean XXIII, qui a préparé la voie à un authentique dialogue avec le peuple juif, mais a redit son incompréhension pour celle de Pie IX. A ses yeux, cette mesure est susceptible d’être interprétée par le monde juif comme une approbation des conversions forcées effectuées dans le passé par l’Eglise catholique.

«Nous ne désirons pas nous immiscer dans les procédures de décision du Vatican, mais en tant que ministre dans le gouvernement israélien qui a eu l’honneur d’accueillir le pape au Mur occidental (»Mur des Lamentations») et comme quelqu’un qui a considéré sa visite comme un tournant historique positif, j’aurais attendu du Vatican qu’il montre une plus grande sensibilité envers les croyants d’autres confessions», a déclaré Michael Melchior.

Pour les juifs, Pie IX a joué un «rôle infâme» dans l’enlèvement en 1858 d’un enfant juif de six ans, Edgardo Levi-Mortara. Ce dernier fut baptisé par une servante catholique zélée, puis enlevé à sa famille pour être élevé dans la foi catholique sous la protection personnelle du pape, avant d’être ordonné prêtre. Le rabbin David Rosen, directeur de la Ligue Anti-Diffamation (ADL) en Israël, et figure engagée dans le dialogue inter-religieux, a estimé qu’étant donné l’association de la figure de Pie IX avec le cas Mortara, la béatification allait apparaître pour les juifs comme l’acquiescement des baptêmes forcés et l’expression d’une insensibilité à l’égard des préoccupations juives.

Le biographe de Pie IX qualifie la béatification d’»inopportune»

De son côté, le Père jésuite Giacomo Martina, auteur d’une biographie en trois volumes du pape Pie IX, rappelle qu’il a fait savoir au Vatican il y a plus de 10 ans que cette béatification «n’est pas une bonne idée», la qualifiant déjà à l’époque d’»inopportune». «Le pape m’avait alors écouté, mais quelque chose s’est passé qui l’a fait changer d’avis», rapporte l’agence de presse catholique américaine CNS. Le Père Martina confie que quand le Vatican dit son intention de béatifier Pie IX dans les années 80, il écrivit un rapport recommandant de ne pas le faire. Le Vatican avait alors mis temporairement le dossier au placard.

Lundi, en fin de matinée, après une messe célébrée sur la place Saint-Pierre par le cardinal secrétaire d’Etat du Vatican Angelo Sodano, le pape s’est adressé à nouveau aux pèlerins venus à Rome pour la cérémonie de béatification des deux papes Pie IX et Jean XXIII ainsi que du moine bénédictin Don Marmion, du prêtre français Guillaume-Joseph Chaminade et de l’évêque italien Tommaso Reggio.

Un pape victime «pas toujours compris»

«Pie IX était aimé des gens à cause de sa bonté paternelle: il aimait prêcher comme un simple prêtre, administrer les sacrements dans les églises et les hôpitaux, rencontrer le peuple romain dans les rues de Rome», raconte le pape. «Le monde ne l’a pas toujours compris: après les «hosanna» du début, les accusations, les attaques et les calomnies ont très vite suivi. Il ne manqua cependant jamais d’indulgence envers ses propres ennemis», poursuit Jean Paul II. Pour lui, «l’esprit de pauvreté, la foi en Dieu et l’abandon à la Providence, ainsi que son sens aigu de l’humour, l’aidèrent à passer les moments les plus difficiles».

Le pape cite alors les paroles mêmes que le nouveau bienheureux aimait répéter: ’Ma politique, c’est : Notre Père qui est aux cieux’, " montrant ainsi que dans les choix de la vie et du gouvernement de l’Eglise son guide était Dieu, envers qui il nourrissait une confiance totale. Il eut également un abandon filial envers la Vierge Marie dont il définit le dogme de l’Immaculée Conception».

Jean Paul II revient également sur «l’attention particulière» de Pie IX pour la Terre Sainte. C’est en effet ce pape qui rétablit le Patriarche Latin de Jérusalem, refondant, pour le soutenir, l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. (apic/imedia/cns/jpost/cic/be)

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