Berne: Les Eglises protestante de Suisse et de France réagissent face à «Dominus Iesus»

Un document qui insiste sur ce qui sépare

Berne, 6 septembre 2000 (APIC) «Je regrette profondément que le Vatican insiste à nouveau ce qui sépare plutôt que sur ce qui unit les chrétiens», déclare le pasteur Thomas Wipf, président du conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), dans un communiqué publié mercredi. Réagissant de même sur le document romain diffusé mardi par la Congrégation romaine pour la Doctrine de la Foi, l’Eglise protestante de France souligne que «Dominus Iesus» contraste avec les invitations à l’humilité et à l’ouverture exprimées dans le cadre du Jubilé.

Le document romain «Dominus Iesus» sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus Christ et de l’Eglise, signé du cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et approuvé par Jean Paul II, a suscité les vives réactions des Eglises protestantes de Suisse et de France, qui se voient reléguées au rang de simples communautés chrétiennes.

«Ce n’est pas là une doctrine nouvelle de l’Eglise catholique, qui a toujours prétendu être la seule véritable Eglise du Christ», constate le président du conseil de la FEPS, qui souligne que la doctrine catholique est à nouveau posée en absolu et que toute affirmation des autres Eglises chrétiennes d’être Eglise leur est déniée.

Depuis quelques temps déjà, on peut observer dans l’Eglise catholique des tendances à raviver, en cette aube du 3e millénaire après Jésus Christ, des affirmations de foi depuis longtemps dépassées, souligne le communiqué.

Réactions de catholiques attendues

Même si la déclaration est considérée comme interne et reflète les problèmes de l’Eglise catholique elle-même, le pasteur Wipf pense que la prise de position exclusive ne sera pas comprise par de nombreux catholiques à l’esprit œcuménique et s’attend à des réactions de leur part de ces derniers.

«Pour nous protestants, nous référant à la Bible, nous pensons qu’aucune Eglise ne peut à elle seule fixer les normes permettant de décider de façon définitive quelle est la véritable Eglise de Jésus Christ. En tant que chrétiens qui confessons Jésus, nous pouvons affirmer avec confiance: Nous aussi, nous appartenons à l’Eglise universelle du Christ, poursuit le président du conseil de la FEPS, qui affirme par ailleurs avoir confiance en le bon climat œcuménique qui règne en Suisse, notamment dans les paroisses et entre les paroissiens.

Vive réaction des protestants français

Dans un communiqué diffusé mardi, le président de la Fédération protestante de France, Jean-Arnold Clermont, a vivement réagi à la diffusion du document romain «Dominus Iesus», «qui tient à préciser que les Eglises nées de la Réforme du XVIe siècle ne sont pas des Eglises au sens propre du mot». Cette affirmation n’est pas nouvelle, mais pourquoi la répétition aujourd’hui?, demande Jean-Arnold de Clermont.

«Cette nouvelle déclaration du Vatican contraste singulièrement avec les invitations à l’humilité et l’ouverture aux autres entendues de l’Eglise catholique pendant cette année jubilaire. Elle porte un coup sévère au travail œcuménique en confirmant dans leur méfiance celles et ceux qui pensent que Rome n’a pas abandonné la prétention de simplement absorber les autres Eglises», affirme le communiqué. (apic/com/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/berne-les-eglises-protestante-de-suisse-et-de-france-reagissent-face-a-dominus-iesus/