La paix en Ethiopie est possible

Ethiopie: D’après le cardinal Tzadua, la base pour une réconciliation est en place

Addis Abeba, 6 septembre 2000 (APIC) La guerre qui sévit entre l’Ethiopie et l’Erythrée depuis mai 1998 a été voulue par les leaders des deux pays et a été alimentée de l’extérieur, affirme le cardinal Paulos Tzadua, 80 ans, archevêque d’Addis Abeba, qui soutient que les deux peuples ne demandent qu’à vivre à nouveau en paix.

De nationalité érythréenne, mais vivant en Ethiopie, le cardinal Paulos Tzadua est l’un des témoins les plus dignes de foi pour expliquer les affrontements qui ensanglantent la Corne de l’Afrique depuis mai 1998. Au terme du conflit entre les deux pays, il reste convaincu que la paix est possible. « Les gens ne voulaient pas la guerre. Ils n’ont trouvé aucune raison de la justifier. Le conflit a éclaté à cause de motifs personnels des leaders. Les gens n’ont pas compris pourquoi on en est venu aux armes. C’est pourquoi on peut dire qu’existe la base nécessaire à la réconciliation, indispensable dans un pays qui est en train de se développer. La guerre a été une absurdité. Le peuple veut la paix à tout prix. Moi, je suis optimiste sur le futur de l’Ethiopie », affirme l’archevêque.

Une guerre pilotée de l’extérieur

Le prélat est persuadé que la guerre a été pilotée par des pays étrangers pour déstabiliser la Corne de l’Afrique et en prendre le contrôle. Il y a eu des soutiens d’un côté plus que de l’autre, affirme le cardinal Paulos Tzadua, qui pense que c’est l’envie de dominer la Mer Rouge qui a motivé l’aide d’autres pays. Qu’un peuple de 3 millions d’habitants ait eu le courage de défier son voisin qui en compte 60 millions est un mystère qui fait beaucoup parler. « On peut peut-être le comprendre si l’on pense aux soutiens étrangers, suggère l’archevêque. Des soutiens qui se concrétisent en armes, en influences, en prétentions d’avoir du pouvoir sur cette partie de la Terre stratégiquement et économiquement importante. »

Interrogé sur l’aide apporté par l’Italie à l’Erythrée, le cardinal Tzadua répond que l’Italie a une grande sympathie envers ce pays puisqu’elle l’a colonisé pendant plus d’un demi-siècle alors que son rapport superficiel avec l’Ethiopie n’a duré que quatre ans.

Le poids de l’Eglise catholique

L’archevêque d’Addis Abeba est convaincu que l’Eglise catholique peut contribuer à la paix. Il y a une unique conférence épiscopale pour l’Ethiopie et l’Erythrée, rappelle-t-il, qui a déjà envoyé des messages de paix, signés par des orthodoxes et des leaders musulmans. Les chefs religieux sont d’accord pour un discours de réconciliation.

Le prélat pense que le meilleur moyen de favoriser le processus de paix est de ne prendre parti pour personne et de cesser de vendre des armes. Il prône aussi le développement, en commençant par l’éducation et la lutte contre le chômage, à travers des programmes destinés à valoriser les potentialités du pays. (apic/cip/mna/fm)

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