Colombie : Séquestration d’un prêtre par les FARC
Bogota, 7 septembre 2000 (APIC) Oncle de la candidate à la présidence et ex-chancelière Noemí Sanín, le prêtre Gerardo Sanín a été libéré après avoir été séquestré par les FARC, groupe des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, depuis le 30 août dernier. Mgr Isaias Duarte Cancino, archevêque de Cali, dénonce avec force la «férocité de la guérilla» et l’indulgence excessive du gouvernement colombien à leur égard.
Le prêtre Gerardo Sanín a été enlevé par deux guérilleros non loin de Pacho, dans la province de Cundinamarca, qui lui ont dit qu’ils avaient besoin de lui pour «porter un message».
Quelques centaines de fidèles ont célébré une messe et ont organisé une marche pacifique pour demander la libération du prêtre, qui s’occupe des enfants et des pauvres à Granada. «Ils voulaient libérer non seulement le prêtre mais aussi l’ami» souligne Adriana Medina, habitante de cette paroisse. Quand les protestations des fidèles de la paroisse du prêtre Gerardo Sanín ont commencé à prendre une dimension nationale, les leaders des FARC ont considéré que cette affaire devenait trop compliquée et ont décidé de le libérer après 5 jours de séquestration.
Remise en question de la volonté de paix
Après avoir été enlevé puis séquestré par les FARC, le prêtre Gerardo Sanín «met sérieusement en doute la volonté de dialogue des guérilleros, dont le «double discours» met sérieusement en péril le processus de paix en Colombie.
Mgr Duarte dénonce la «férocité de la guérilla»
Dans un éditorial publié par le quotidien «El Pais» de Cali, Mgr Duarte écrit que les rebelles ne font qu’outrager, humilier et détruire par la violence la population pauvre de Colombie. Il se réfère à l’attaque des FARC à Arboleda, où les rebelles se sont livrés pendant 18 heures à un massacre parmi la population avant de jouer avec les têtes des policiers et des militaires assassinés.
Selon lui, ils ont ensuite «l’insolence d’affirmer qu’ils représentent» ce peuple à la table des négociations. L’archevêque estime que des rebelles qui éliminent des populations entières et qui en même temps prétendent travailler pour la paix «manquent des vertus fondamentales qui font de nous des êtres humains.»
«Jusqu’à quand devrons-nous, dans notre patrie, supporter un groupe de vandales qui, par le seul fait qu’ils portent des brassards, ELN ou FARC, pensent qu’il leur est permis de semer la panique et la terreur dans notre pays. Ils se comportent comme des hordes sanguinaires et fratricides, en se livrant à des enlèvements, à des crimes, à des génocides et à des attaques contre les populations et contre la police, en bref, à «des crimes contre l’humanité» ?», lance le prélat catholique.
Mgr Duarte prie pour que les rebelles comprennent l’injustice de leur lutte et pour que le gouvernement «fasse observer la Constitution et ouvre des voies de paix». L’archevêque de Cali espère ainsi que la société civile pourra un jour s’asseoir à la table des négociations afin de défendre ses droits.
Une source politique colombienne a exprimé sa préoccupation pour la sécurité de Mgr Duarte, archevêque de Cali, en rappelant l’enlèvement il y a quelques jours du prêtre Gerardo Sanín, et que, le 7 août, Mgr Lozano Zafra, évêque d’Ocana, dans le Nord de Santander, échappé de peu à un enlèvement. (apic/aci/cip/fs/fm)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/colombie-sequestration-d-un-pretre-par-les-farc/