Les quatre tâches des Nations Unies, selon le Saint-Siège

New York: Discours du cardinal Sodano au sommet du Millenium de l’ONU

Rome, 10 septembre 2000 (APIC) Paix dans le monde, développement, droits de l’homme et égalité de tous les pays membres: tels sont les quatre objectifs des Nations Unies, selon le porte-parole du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano, qui s’exprimait vendredi devant plus 160 chefs d’Etat à New York, dans le cadre du sommet du Millenium.

Le Saint-Siège souhaite qu’à l’aube du troisième millénaire, l’ONU contribue à construire une nouvelle civilisation pour le bien de l’humanité, appelée « civilisation de l’amour », a également déclaré le secrétaire d’Etat du Saint-Siège l’occasion du Sommet du « Millenium », tenu par l’Organisation des Nations Unies du 6 au 8 septembre.

Selon le Saint-Siège, les tâches qui incombent à l’Organisation des Nations Unies (ONU) sont au nombre de quatre: le maintien et la promotion de la paix dans le monde, la promotion du développement, la promotion des droits de l’homme et enfin le rôle de garant de l’égalité de tous les pays membres.

Une diplomatie préventive pour maintenir la paix

Le maintien et la promotion de la paix dans le monde, rappelle le cardinal Sodano, était le but essentiel des fondateurs de l’Organisation et il demeure d’actualité. Face à la recrudescence des conflits, en particulier les luttes civiles et ethniques, dit-il, l’ONU a le devoir d’intervenir dans le cadre de la Charte pour ramener la paix. C’est une diplomatie préventive que prône le Saint-Siège pour veiller à éteindre les foyers de guerre et en éviter l’éclosion. Cela implique le respect du droit international et une limitation des armements.

La seconde tâche de l’ONU est la promotion du développement; continue le représentant du Saint-Siège, qualifiant d’inacceptable le fait qu’aujourd’hui encore, une part importante de la population mondiale vive dans des conditions de misère qui sont une offense à la dignité humaine. Demandant une attention spéciale pour l’Afrique, frappée de plein fouet par la pauvreté, les épidémies, la dégradation de l’environnement et les catastrophes naturelles, le Saint-Siège renouvelle son appel pour la remise de la dette des pays pauvres ainsi qu’une mobilisation morale et financière (…) en vue d’une diminution drastique de la pauvreté. Et de rappeler que les engagements souscrits lors des conférences et réunions internationales consacrées à ces questions doivent être respectés. Il est décevant, commente le cardinal Sodano, que sur des points fondamentaux comme la réduction de la dette ou le niveau de l’aide publique au développement, si peu de progrès aient été réalisés.

Affermir les droits de l’homme en leur donnant une base éthique

Quant à la promotion des droits de l’homme, souligne le Saint-Siège, le combat n’est jamais terminé. Le cardinal Sodano a cité la défense du droit à la vie, si souvent mis en péril. Cette troisième tâche englobe également la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance. Mais en plus d’une approche concrète des droits de l’homme, il faut les affermir en leur donnant une solide base éthique. Sans cela, ils demeureront fragiles et sans fondations; prévient le cardinal Sodano, rappelant que les droits de l’homme ne sont créés ni octroyés par personne, mais qu’ils sont inhérents à la nature humaine.

Afin que tous les Etats membres de l’ONU bénéficient d’une vraie égalité, certaines réformes seront nécessaires; souligne le prélat du Vatican. L’ONU doit représenter la communauté internationale et ne pas apparaître dominée par quelques nations, dit-il, qualifiant d’impératif le respect et l¹écoute de chacun des pays membres. Surtout lorsqu’il s’agit de prendre des décisions communes ou que l’on définit des orientations concernant les valeurs morales et culturelles. En ce domaine, il n’est pas légitime, dit le cardinal Sodano, de prétendre imposer, au nom d’une conception subjective du progrès, certains modes de vie minoritaires.

Déclaration à l’issue du sommet: « un point de départ »

Le cardinal Sodano a par ailleurs rappelé dans son discours la position du Saint-Siège au sujet des sanctions imposées par l’ONU pour obtenir d’un Etat l’accomplissement de ses obligations. Une procédure claire d’examen et de révision devrait être mise en place dans chaque cas, a-t-il dit, pour que ces mesures ne pèsent pas, avant tout, sur des populations innocentes.

Interrogé par le quotidien italien Avvenire; dans son édition du 10 septembre, le cardinal Angelo Sodano s’est dit satisfait du document approuvé par les pays membres de l’ONU au terme du Sommet de New York, le considérant comme un bon point de départ. Le document final rappelle les grands principes de l’ONU et les défis qui l’attendent dans le domaine de la paix et du développement; a-t-il affirmé. Mgr Angelo Sodano a jugé en outre utiles les rencontres bilatérales avec des chefs d’Etat en marge du Sommet. Il reste à construire sur les promesses faites; a conclu le prélat. (apic/imed/mjp)

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