Décès de députés et élections partielles coûtent trop cher au pays

Zambie: Les Eglises demandent aux futurs politiciens de subir le teste de dépistage du sida

Lusaka, le 12 septembre 2000 (APIC) En 4 ans, la Zambie a perdu plus de 20 députés, obligeant ainsi le pays à organiser des élections partielles. La faute au sida, qui coûte cher en vie humaine, mais aussi au pays, pour combler à chaque fois les vides causés par le fléau. Face au problème, les responsables d’Eglise zambiens demandent que les futurs politiciens, appelés à se présenter sur des listes, subissent des test de dépistages.

Les élections partielles pour remplacer les députés morts des maladies liées au sida coûtent si cher que les responsables des Eglises zambiens ont en effet demandé aux autorités d’obliger tous les candidats aux élections nationales et à toute fonction officielle à se soumettre à un test de dépistage.

Au cours d’une session du «Pastors National Forum» (Forum national des pasteurs – PNF), tenue récemment à Lusaka, les dirigeants des Eglises catholique et protestantes du pays ont décidé d’inciter le gouvernement à modifier les lois électorales.

«Nnous ne voulons plus que des personnes se fassent élire au parlement puis meurent au bout de quelques mois ou d’un an d’une maladie liée au sida», a commenté le pésident de la Communauté évangélique de Zambie (EFZ),Thomas Lumba, au nom du PNF. «Le pays souffre de cette situation. Elle perturbe la vie politique parce que les nouveaux députés doivent s’adapter et apprendre leur métier. C’est là une perte d’argent et de temps», a-t-il déclaré à l’agence œcuménique ENI.

Depuis les dernières élections présidentielles et générales, tenues en 1996, plus de 20 députés sont décédés, et, bien que l’on ne dispose d’aucune estimation officielle, il semble qu’un grand nombre d’entre eux soient morts du sida. Le parlement zambien compte 150 membres – 140 élus et 10 choisis par le président.

Cinq élections partielles depuis le début de l’année

La commission électorale a organisé de nombreuses élections partielles pour combler les sièges parlementaires laissés vacants par ces décès, dont 5 en 2000, la plupart dans des circonscriptions rurales. Selon un porte-parole de la commission électorale, les élections partielles de cette année ont coûté cinq milliards de kwacha zambiens (1,7 million de dollars).

«La Zambie est un pays pauvre, remarque Thomas Lumba. On ne peut pas se permettre de dépenser des milliards de kwacha en élections partielles, alors qu’on pourrait les éviter si les candidats se soumettaient à des tests de dépistage avant de briguer les suffrages».

La demande du PNF a été envoyée au président Frederick Chiluba. Selon le porte parole du PNF, les autorités se disent disposées à écouter les inquiétudes soulevées par les chefs religieux.

Les dirigeants des Eglises aussi

Peter Chintala, vice-ministre des Affaires religieuses de Zambie, a indiqué qu’il était personnellement en faveur de tests obligatoires pour les candidats à des postes politiques. Il estime toutefois que ces tests ne devraient pas se limiter aux politiciens. Selon lui, «il serait discriminatoire de limiter les tests aux politiciens; les membres du clergé devraient s’y soumettre également, étant donné qu’ils jouent eux aussi un rôle de dirigeants».

Les inquiétudes des responsables d’Eglise s’expliquent par la très forte incidence des infections par le VIH en Zambie. Dans un rapport récent, l’Association des médecins de Zambie a indiqué que, sur une population totale de 9,5 millions, 20% au moins des personnes âgées de 15 à 49 ans sont infectées.

Dans l’ensemble de la Zambie, la proportion de lits d’hôpitaux occupés par des personnes souffrant du sida est passée de 7 % en 1989 à 25 % en 1999. A la fin de l’année dernière, on estimait que le sida avait fait plus d’un demi-million d’orphelins en Zambie en tuant au moins un des deux parents. On pense que ce nombre passera à un million dans les années à venir.

Le budget consacré par les autorités à la prévention du sida est passé en 10 ans de 3,4 millions de dollars à plus de 10 millions. (apic/eni/pr)

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