En l’Europe...

En Europe, les remous ne sont pas moins nombreux. Surtout chez les non-catholiques. Les épiscopats français et Belge, pourtant prompts à expliquer les documents, se signalent à ce jour par leur silence radio. Il en va de même pour la plupart des Conférences épiscopales en Europe. En Allemagne, le comité central des catholiques allemands déplore le fait que la déclaration romaine insiste sur ce qui sépare les Eglises chrétiennes. Le comité central souligne également qu’avec la sortie de «Dominus Iesus», les progrès accomplis dans l’oecuménisme depuis le Concile Vatican II subissent un retour en arrière, et estime qu’il aurait été préférable de proposer des solutions aux questions qui divisent encore les différentes Eglises chrétiennes.

En Allemagne encore, Manfred Kock, président du Conseil de l’Eglise évangélique d’Allemagne, souligne que les signaux venus de Rome renforçent la conception traditionnelle que l’Eglise catholique romaine a d’elle-même et représentent un recul dans la coopération œcuménique. «Aux yeux de Rome, les Eglises de la Réforme sont en quelque sorte placées à l’échelon le plus bas de l’ordre hiérarchique ecclésiastique».

L’évêque des catholiques chrétiens d’Allemagne, Joachim Vobbe, considère le document «Dominus Iesus» comme une marche arrière dans le mouvement œcuménique. Il a affirmé qu’il devenait toujours plus clair que le Vatican entendait constituer une seule communauté ecclésiale et voulait mettre les autres Eglises sous la toute-puissance du pape.

Danger pour le dialogue judéo-chrétien

En Italie, le président des communautés juives du pays, Amos Luzzatto, souligne le danger que représente la déclaration vaticane pour le dialogue judéo-chrétien. Il suppose que certains cercles romains ont peut-être estimé que le pape était allé trop loin lors de sa visite en Israël. «Après les gestes émouvants du pape au mur des lamentations, la parution du document «Dominus Iesus» et la béatification de Pie IX sont incompréhensibles».

Le théologien orthodoxe Olivier Clément, tout comme la Fédération protestante de France (FPF), par la voix de son président, Jean-Arnold de Clermont, ont manifesté leur désapprobation face au document romain. Selon le président de la FPF, l’affirmation selon laquelle les Eglises nées de la Réforme ne sont pas des Eglises au sens propre n’est pas nouvelle. «Mais pourquoi sa répétition aujourd’hui», s’interroge-t-il. Même stupeur du côté des musulmans de France. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Bourbakeur, a qualifié la parution de «Dominus Iesus» de «raidissement et de coup de barre théologiques».

En Irlande enfin, côté anglican, on estime que Rome a amorcé là un «net recul» dans l’œcuménisme. La déclaration «Dominus Iesus» a beaucoup déçu les évêques anglicans d’Irlande, qui s’interrogent sur ses répercussions sur le terrain. Ce document représente «un net recul par rapport au progrès de l’oecuménisme dont plusieurs communautés ont fait l’expérience à travers l’Irlande», écrivent les évêques anglicans. Ils ont décidé de demander «une clarification urgente» à la Conférence épiscopale catholique de leur pays. (apic/pr)

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