Belgique: Le Conseil interdiocésain des Laïcs réagit à «Dominus Iesus»

Un document «désastreux» issu d’une «institution sclérosée»

Bruxelles, 17 septembre 2000 (APIC) Le Conseil interdiocésain des Laïcs (CIL), organe majeur de concertation des catholiques de Wallonie et de Bruxelles, a pris position, le 15 septembre, sur la récente Déclaration «Dominus Iesus». Il juge le document «désastreux» et considère qu’il est le «reflet d’une institution sclérosée».

La prise de position a été élaborée par le comité du CIL, chargé de la politique générale du Conseil. Le comité dit avoir pris connaissance «avec consternation» de la déclaration publiée le 5 septembre par la Congrégation du Vatican pour la Doctrine de la Foi et «où se trouve réaffirmée la supériorité de l’Eglise catholique romaine sur toutes les autres religions et sur les autres confessions chrétiennes».

Les représentants des laïcs catholiques en Belgique francophone avouent n’avoir pas été convaincus par «les affirmations répétées de la présence de valeurs dans les autres religions et la reconnaissance des éléments du message chrétien qu’on trouve dans les autres communautés ecclésiales». Car, expliquent-ils, malgré ces affirmations, «seule l’orthodoxie mériterait le nom d’Eglise» à côté de l’Eglise catholique, et encore, «avec quelque réserve, car il ne convient pas de l’appeler Eglise sœur», ironise le Comité du CIL. Mais surtout, ce qui est apparu consternant à ce dernier est que le document romain «présente comme vérités à croire fermement, non seulement des éléments fondamentaux du message évangélique, mais la manière intolérante, souvent dépassée et peu critique dont ils ont été formulés au cours de l’histoire».

Effet négatif sur l’opinion publique

Tout en laissant aux théologiens le soin de préciser la «portée exacte» et «l’autorité relative» de la récente Déclaration romaine, les responsables du CIL constatent «l’effet négatif» que ce document a sur l’opinion publique. «Une fois de plus, commentent-ils, notre Eglise catholique romaine donne d’elle-même l’image d’une institution sclérosée, enfermée dans le sentiment de sa supériorité et, quoi qu’elle dise, incapable d’un véritable dialogue avec d’autres».

Avec l’ensemble des commentateurs, précise le Comité du CIL, il faut «constater l’effet désastreux de ce texte, en termes simplement humains, sur l’atmosphère fraternelle qui s’était heureusement développée depuis le concile Vatican II entre les Eglises chrétiennes et sur les efforts déployés». Tout aussi «désastreux» est jugé l’effet du document sur les efforts déployés au sein de l’Eglise catholique, «souvent à l’initiative de Jean-Paul II, pour amorcer un dialogue entre les grandes religions».

Et le Comité du CIL de poursuivre: «Comment ne pas donner raison à ceux qui disent que, malgré les apparences, c’est la vieille intolérance catholique, le vieil impérialisme doctrinal qui refait surface? Comment ne pas partager l’inquiétude des organisations catholiques qui, en de nombreux pays spécialement du Tiers-Monde, collaborent fraternellement avec d’autres Eglises chrétiennes et avec des croyants d’autres religions? Comment ne pas reconnaître dans la décision de publier un tel texte un manque de discernement chrétien ou simplement de réalisme?»

Abus de recours à l’infaillibilité

Les responsables du CIL considèrent aussi "comme un abus le recours de plus en plus fréquent de la Curie romaine à la notion d’infaillibilité, à l’occasion de la présentation de ses textes". Pareil recours est jugé abusif parce que la Curie donne ainsi l’impression que l’ensemble de ces documents ne contiendrait que des vérités >. Il y a plus, ajoute le Comité du CIL: Outre le ridicule d’une prétention que dément heureusement toute l’histoire de l’Eglise, outre le fait qu’aux yeux des théologiens, très peu d’affirmations méritent sans conteste cette qualification, le CIL considère que le mot même d’infaillibilité ne peut qu’être aujourd’hui mal compris et donne une idée fausse du rapport de l’Eglise àà la vérité évangélique.

Pour finir, les représentants du Conseil Interdiocésain des Laïcs se tournent vers leurs «frères et soeurs en humanité, et spécialement des autres Eglises». Le Comité du CIL les prie «de ne pas tenir rigueur à l’ensemble des catholiques pour les excès actuels de la Curie romaine, se souvenant que tout ce qui est excessif finit par être insignifiant». Il les assure aussi de «sa ferme volonté de poursuivre dans la ligne des collaborations et du dialogue respectueux des différences qui ont caractérisé ces dernières décennies». (apic/cip/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/belgique-le-conseil-interdiocesain-des-laics-reagit-a-dominus-iesus/