«Une mesure qui divise les Nigérians»
Lagos, 17 septembre 2000 (APIC) Les évêque nigérians, réunis en conférence du 11 au 14 septembre à Kaduna au nord du pays, dénoncent la manière dont a été introduite la charia (loi islamique) dans huit états. Dans une lettre pastorale diffusée vendredi, à l’issue de leur rencontre, ils demandent au gouvernement d’œuvrer de toute urgence contre cette mesure qui divise le pays.
Les évêques nigérians, qui se réunissent en conférence deux fois par an, se sont retrouvés durant trois jours dans la ville de Kaduna, où des affrontements inter-confessionnels liés à l’introduction de la charia avaient fait en février dernier entre 400 et 1’000 morts, selon les sources. Les primats nigérians se sont penchés sur les problèmes liés à la religion et à la société. A l’issue de leur rencontre, ils ont exprimé leur préoccupation face à l’introduction de la charia dans huit états du nord et ont demandé au gouvernement nigérian d’intervenir contre cette mesure qui divise le pays.
«Un combat de Dieu»
Le président de l’association chrétienne du Nigeria, le père Sinday Mbang a affirmé quant à lui que la lutte contre la loi islamique est un «combat de Dieu». Les opposants à l’introduction de la charia remporteront un jour la victoire, a-t-il déclaré lors d’une récente rencontre de son association. Il a cependant invité les chrétiens à la tolérance religieuse, soulignant que l’ensemble du peuple nigérian compte sur eux pour «épargner au pays la mort et la désintégration».
Avec une population de plus de 120 millions d’habitants à environ 45 % musulmans et 45 % chrétiens, le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique. Sur ses 32 états, huit a majorité musulmane ont adopté cette année la charia. Dans le souci, affirment leurs dirigeants, de lutter contre «la dégradation des mœurs» et la «montée de la criminalité». (apic/ic/bb)
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