L’actuel premier ministre perd les élections

Liban: Formation d’un nouvel exécutif suite aux résultats des récentes élections législatives

Beyrouth, 18 septembre 2000 (APIC) Les résultats des récentes élections législatives vont donner suite à un nouvel exécutif au Liban. Les votes, qui se sont déroulés le 27 août et le 3 septembre derniers, ont donné une majorité relative à l’opposition, mené par le tandem Hariri-Jumblatt. Le premier a presque obtenu tous les sièges de Beyrouth, excluant de la Chambre l’actuel premier ministre Selim Hoss. C’est la première fois dans le monde arabe qu’un gouvernant en charge perd les élections.

Tout en acceptant les résultats des votations, l’actuel premier ministre Selim Hoss les a définies comme « les plus incisives et les plus salies de l’histoire du Liban » en raison de l’utilisation exubérante « d’argent public », au moins 70 millions de dollars selon les observateurs impartiaux. Parmi les 48 nouveaux parlementaires qui feront leur entrée le 17 octobre prochain, on compte 19 milliardaires à la Chambre (128 sièges divisés équitablement entre chrétiens et musulmans). Sauf surprise, les consultations du Président de la République, le chrétien maronite Emile Lahoud, devraient mener à la désignation de Rafiq Hariri comme nouveau premier ministre.

Redressement de l’économie libanaise difficile

Rafiq Hariri, un magnat de l’industrie du bâtiment, a déjà occupé le poste de premier ministre de 1992 à 1998, associant son nom aux projets de reconstruction de Beyrouth. La frontière entre les affaires de l’Etat et ses affaires privées, qui passaient par sa société immobilière, était plus que floue. Ses rivaux, dont Lahoud lui-même, qui l’a ensuite obligé à démissionner en 1998, l’ont accusé de corruption et d’avoir précipité le Liban dans le piège d’une dette extérieure estimée aujourd’hui à 24 milliards de dollars.

La nomination de Hoss, plus intègre, n’a toutefois pas mené à l’assainissement économique car il s’est trouvé contraint à opérer de nouvelles dépenses, à instaurer de nouvelles taxes et à bloquer la réalisation de nombreux projets. Environ 800’000 Libanais rentrés au pays à la fin de la guerre sont repartis, et le taux de chômage a atteint 40%.

Hariri est à présent considéré comme la seule personne en mesure de redresser l’économie. La « cohabitation » entre Lahoud et Hariri s’annonce difficile, mais possible. La renaissance économique du Liban ne pourra que profiter à la Syrie, qui s’apprête, sous Bashar Assad, à introduire de profondes réformes.

Les chrétiens ont boycotté le scrutin

Pour les chrétiens, se profile une participation effective au pouvoir, après des années de représentativité formelle. Lors des dernières élections, de nombreux partis chrétiens, hostiles à la tutelle syrienne, ont poussé au boycott du scrutin, dénonçant la division discriminante des circonscriptions. Selon les chiffres diffusés par le ministère de l’Intérieur, la participation au vote, qui est de 45% en moyenne, a enregistré son taux le plus bas (18-25%) dans les zones chrétiennes. Cela n’a toutefois pas empêché l’arrivée à la Chambre de certaines personnalités « indépendantistes » qui exigent à présent la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Même Walid Jumblatt, allié de Hariri, s’est particulièrement distingué pour son ouverture aux courants chrétiens antisyriens. Il a demandé le retour du général Michel Aoun en exil à Paris, et la libération de prison du leader des « Forces libanaises » à présent dissolues, Samir Geagea. A la veille des élections, Jumblatt a été jusqu’à conclure un accord avec l’ex-président Amin Gemayel, insistant sur la nécessité pour le Liban de retrouver la pleine souveraineté sur son territoire. (apic/fides/fm)

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