Belgique: Initiative visant un libre accès au marché de l’Union Européenne
Bruxelles, 22 septembre 2000 (APIC) L’initiative pour ouvrir aux 48 pays les plus pauvres du monde un libre accès au marché de l’Union Européenne, prise le 20 septembre par la Commission Européenne, a été bien reçue par la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE). Elle implique une levée totale des droits frappant l’importation provenant de ces pays.
La Commission Européenne a déclaré que « tous les pays membres de l’OMC peuvent et doivent profiter d’une libéralisation mondiale du commerce ». En 1998, l’Union Européenne était déjà la destination principale des exportations des PMA, soit 56% du total. Le régime actuel exclut toujours 10 % des produits repris sur les listes tarifaires de la Communauté Européenne, soit 1% des échanges commerciaux. La Commission Européenne invite l’Europe des Quinze à ouvrir le marché à tous les produits des PMA, dès que la directive proposée sera adoptée par le Conseil. Seules les armes resteront exclues, pour des raisons évidentes. Le passage au libre marché pour les bananes, le sucre et le riz, jugés « sensibles » en Europe, se fera par étapes.
La directive proposée, qui sera soumise au Conseil de l’Union Européenne, implique dans l’Europe des Quinze une levée totale des droits frappant l’importation des produits provenant des 48 pays « Pays les Moins Avancés » (PMA). Cette mesure a été annoncée par le Commissaire européen Pascal Lamy, en charge du commerce. Elle se situe dans la foulée de la rencontre ministérielle organisée l’an dernier à Seattle par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Cette initiative va bien au-delà des engagements antérieurs de l’Europe des Quinze, qui s’en étaient tenus jusqu’ici à des régimes préférentiels en matière d’échanges commerciaux et de douane. Ces régimes sont devenus inacceptables aux yeux de l’OMC, qui ne peut supporter des règles discriminatoires.
L’initiative ne suffit pas à empêcher une marginalisation
Sur les 48 « Pays les Moins Avancés », 39 sont en Afrique, aux Caraïbes et dans le Pacifique (ACP), groupe avec lequel l’Union Européenne a signé, en juin dernier, un nouvel accord de coopération au développement. Contrairement aux Conventions de Lomé, dont il prend la relève, cet accord prévoit d’ici 2005 au plus tard le libre accès des pays concernés au marché européen pour presque toutes les marchandises. L’initiative de la Commission Européenne veut élargir cette ouverture à d’autres pays pauvres. Mais Pascal Lamy reconnaît que « ce n’est pas assez » pour empêcher la marginalisation de ces pays. Selon lui, ils ne peuvent de toute façon pas produire pour l’exportation sans recevoir une aide technique et financière.
La COMECE rappelle que la Commission Européenne a jusqu’ici exclu du libre accès au marché « des secteurs comme l’agriculture et le textile, qui sont d’une importance primordiale pour l’économie des PMA et qui représentent encore des niveaux d’importation relativement faibles dans l’Union Européenne ». La COMECE voit donc, dans la nouvelle initiative, un « signe de l’engagement de la Commission Européenne » pour favoriser l’accès des plus pauvres au marché mondial.
La Commission des Episcopats de la Communauté Européenne espère que cette initiative stimulera la préparation de nouvelles négociations « multilatérales » sur le commerce. Elle soutient en effet depuis longtemps les efforts pour mettre sur pied « un système commercial multilatéral basé sur les principes de justice, de responsabilité et de partenariat ». (apic/cip/fm)
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